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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 12:22

Brouillard.jpgDeuxième participation pour moi au rendez-vous de Mango: la BD du Mercredi. Je peux difficilement être au rendez-vous chaque semaine mais je me suis fait la promesse d'y participer de temps à autre...

En ce deuxième mercredi BD pour mon blog, j'ai choisi une BD qui m'avait interpellée lors d'un passage nocturne dans une librairie amiénoise que j'aime énormément (La Librairie du Labyrinthe, pour ceux qui connaissent ou qui viendraient à passer du côté du  quartier St Leu...) J'ai donc acheté cette BD pour l'acheminer à l'autre bout du monde trouvant que le titre convenait parfaitement à Gautier (blog Brouillard charnel.) Profitant des dix heures de vol retour entre São Paulo et Frankfort, j'ai emprunté le dit présent pour me faire un avis sur le cadeau que j'avais offert, un peu par hasard...

Le bilan de cette lecture est hélas peu satisfaisant. Je m'explique... Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai perdu mon temps, je vais nuancer un peu les choses mais j'ai vraiment l'impression d'être passée à côté de cette lecture. Berthod a choisi d'adapter des nouvelles du début du XXème siècle et de leur donner un second souffle via l'adaptation BD. Cependant, j'ai vraiment eu beaucoup de difficultés à apprécier. Peut-être devrais-je lire les nouvelles pour mieux saisir les trames narratives, finalement assez "plates" à la lecture de la BD. Car quasiment à chaque lecture, j'ai eu le sentiment qu'il me manquait quelque chose.

Si la dimension narrative ne me semble pas à la hauteur, j'ai en revanche adoré les illustrations. Paysages de montagnes, visages expressifs, regards percutants. De plus, je suis toujours touchée par le travail en noir et blanc, que ce soit en BD, pour les albums ou pour la photographie. (Je suis une grande fan de Satrapi Poulet aux prunes, Persepolis...) C'est dans ce jeu de contrastes, dans cette ambiance d'apparence très froide, que j'ai trouvé que s'exprimait la sensibilité de la BD.

Enfin, la dernière nouvelle vient sauver le sentiment globalement décevant que j'ai éprouvé durant cette pause lecture. La Paix au Ciel laissent entrevoir une douce nostalgie mais surtout toute cette dimension émotive qui n'a pas été à mon goût suffisamment mise en avant avec les mots...


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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 07:00

Quignard-pola"Ceux qui ne sont pas dignes de nous ne nous sont pas fidèles. Voilà ce qu'elle était en train de se dire dans le rêve qu'elle était en train de faire. Leur engagement à nos côtés n'entraînait pas leur peur ou leur fainéantise, leur incurie, leur désoeuvrement, leur régression, leur bêtise. Nous observons, assis dans nos fauteuils, étendus dans nos baignoires, couchés dans nos lits, des êtres engourdis ou absents pour lesquels nous n'avons plus d'existence. Ce n'est pas eux que nous trahissons en les abandonnant. Leur inertie ou leurs plaintes nous ont abandonnés avant que nous songions à nous séparer d'eux"

Pascal Quignard.

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 08:01

DSCF5661-pola.jpg" Etonnant comme parfois on prend des résolutions, on se dit que tout sera ainsi dorénavant, et il suffit d'un mouvement infime des lèvres pour casser l'assurance d'une certitude qui paraissait éternelle."

La Délicatesse... Rien que ce titre suggère un univers plein de douceur... Sur un présentoir Folio, posé sur le comptoir de La Fontaine de Castalie, ce livre me faisait de l’œil depuis quelque temps dans ma librairie favorite… C’est donc plongée dans mon hamac que j’ai commencé ce livre pour le refermer quelques heures plus tard. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un livre en un après-midi et je peux dire que ce texte est un joli coup de cœur…

Nathalie fait la connaissance de François qui vient à sa rencontre dans la rue. Elle répond à l’invitation du jeune homme, touchée par cette délicatesse qui émane de lui. Un simple verre de jus d’abricot donnera à François la certitude d’avoir trouvé la femme de sa vie. Ensemble, les journées passent très vite et le couple file un bonheur parfait. Complices, amoureux, amants, ils suscitent bien des jalousies et débordent de bonheur.

" Alors oui, ce bonheur pouvait faire peur..."

Oui mais alors ? Cela suffit pour faire un roman ? Cela aurait pu. Mais il en sera autrement. Je ne veux pas trop en dire pour faire en sorte que vous découvriez comme moi ce qu'il adviendra de la belle histoire d'amour de Nathalie et François...

" La douleur, c'est peut-être ça : une façon permanente d'être déraciné de l'immédiat."

J'ai vraiment passé un très bon moment de lecture (et j'ai ouï dire que je n'étais pas la seule...) Humour, surprises, émotions, références littéraires ou cinématographiques, tous les ingrédients sont réunis pour que la lecture soit des plus plaisantes. J'ai presque été déçue de refermer si tôt /si rapidement le livre de Foenkinos. Voilà un livre dans lequel j'ai laissé pas mal de traces de crayon et de petites annotations... Tant pour des petites phrases, des passages qui me plaisaient ou dans lesquels je me reconnaissais parfois, ou encore pour ne pas oublier de regarder certains films mentionnés ici et ailleurs...

Le personnage de Nathalie est particulièrement touchant. Comme certains des personnages du roman, j'ai ressenti beaucoup d'admiration pour cette femme que j'ai vraiment trouvée incroyable... David Foenkinos fait de ce livre un petit recueil de jolis instants et nous laisse le sourire aux lèvres une fois le livre refermé. Inutile de dire que j'ai très envie de découvrir ses autres titres et plus spécialement Le Potentiel érotique de ma femme et Nos Séparations.

" Il pensa alors qu'il y avait quelque chose de pire que d'être rejetté par une femme que l'on aime : devoir la croiser tous les jours. Se retrouver à tout instant près d'elle, dans un couloir."

Du coup, ce livre me permettra d'inauguer ma participation au défi lecture de L'Irrégulière, dans la catégorie "Histoires d'amour qui finissent bien". Et ce n'était pourtant pas gagné d'avance...

Challenge amoureux-pola


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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 11:00

DSCF5667-pola.jpg Voilà un titre qui fait beaucoup parler de lui sur la blogosphère... Il fallait donc impérativement que je me fasse un avis d'autant que la couverture choisie pour ce titre était une belle invitation à la lecture... 

 Mia partage sa vie avec Boris depuis plus de trente ans déjà. Boris aime Mia, mais aime également cette collègue française de laboratoire où il travaille. Boris papillonne, alors Mia, à la fois blessée et en colère prend la décision de s’éloigner de cet homme qu’elle aime follement mais dont elle ne supporte pas la liaison avec cette femme bien plus jeune qu’elle.

« Quelque temps après qu’il eut prononcé le mot pause, je devins folle et atterris à l’hôpital. Il n’avait pas dit : je ne veux plus jamais te revoir, ni : c’est fini, mais après trente années de mariage, pause suffit à faire de moi une folle furieuse dont les pensées explosaient, ricochaient et s’entrechoquaient comme des grains de popcorn dans un four à micro-ondes. […] La pause était française, elle avait des cheveux châtains plats mais brillants, des seins éloquents qui étaient authentiques, d’étroites lunettes rectangulaires et une belle intelligence. Elle était jeune bien entendu, de vingt ans plus jeune que moi, et j’ai dans l’idée que Boris avait convoité quelque temps sa collègue avant de donner l’assaut à ses régions éloquentes. »

Mia se retrouve donc en partance pour le village où vit sa mère. Elle projette de diriger un atelier d’écriture poétique auprès de quelques adolescentes et se retrouve entourée des amies de sa mère, au milieu des problèmes d’arthrose, de perte de mémoire et de cette nostalgie propre aux personnes âgées. C’est donc comme le titre du livre l’indique un été « sans les hommes » qui se profile. Sans Boris, qui s’intéresse à « l’anatomie française », sans les maris de nos octogénaires, veuves depuis bien longtemps.

Toute la narration est prise en charge par Mia, qui fait de ce livre une sorte de tremplin dans le passé. Notre héroïne mènera alors tout un travail d’introspection qui la conduira à revenir sur différents moments de sa vie. Elle utilisera l’écriture comme vecteur premier de ses souvenirs, revenant tour à tour sur les hommes qu’elle a aimés, désirés. Elle tiendra ce petit carnet d’expériences sexuelles, s’adonnera à l’écriture poétique qu’elle chérit tant, trouvera un nouveau souffle auprès de ces jeunes femmes en devenir qu’elle essaiera, d’une manière ou d’une autre, de faire jouer avec les mots.

Mais cet été sans présence masculine est à mes yeux une fausse annonce. Boris n’est pas là certes, mais il est omniprésent dans les pensées de cette femme trompée. Est-il auprès d’elle à l’heure actuelle ? Comment peut-il laisser derrière lui une histoire comme la leur ? Des questions légitimes qui conduiront Mia à revenir sur des moments douloureux de leur histoire. Suicide, trahisons, souffrances. A ces questionnements plus personnels s’ajouteront des interrogations d’ordre intellectuel. Nombreuses seront les références littéraires auxquelles Mia fera allusion. Jane Austen occupera une place de choix dans le cœur de Mia et des vieilles voisines qui se réunissent dans leur club de lecture. Et puis il aura ces mails étranges qu’elle ne cesse de recevoir, qu’elle ignore d’abord, avant d’entretenir une correspondance philosophique avec son "corbeau".

J’étais vraiment impatiente de lire ce livre qui m’attendait depuis longtemps. Les premiers instants de lecture furent pour moi une déception. J’attendais quelque chose, sans vraiment savoir de quoi il s’agissait et rien ne se passait. Mia apparaît comme une femme très forte, d’une grande intelligence et cette héroïne, dans ses blessures et ses questionnements me touchait. Mais rien. Jusqu’à ce passage :

« Bientôt, dites-vous, nous allons atteindre un col ou un carrefour. Il y aura de l’ACTION. Il y aura davantage que la personnification d’un pénis vieillissant. […] Je vous promets que tel est le cas. Quelque chose mijote, oh oui il y a un frichti de sorcières qui mijote. […] Mais avant d’en arriver là, je veux vous dire, Gentil Lecteur, que si vous êtes ici avec moi maintenant sur cette page, je veux dire : si vous avez atteint ce paragraphe, si vous n’avez pas renoncé [ce que j’étais en train de faire], ne m’avez pas envoyée, moi Mia, valdinguer à l’autre bout de la pièce, […] je voudrais tendre mes bras vers vous et vous couvrir de baisers. […] Je voulais juste que vous le sachiez. »

Et en effet, peu après, sans véritable explication, l’histoire prend plus d’ampleur. Mia sort un peu de ses périodes réflexives pour mieux s’investir et s’ouvrir aux autres. A ses élèves d’abord. A une de ses voisines ensuite. De belles amitiés naissent, de beaux instants sont partagés. J’ai tellement aimé cet après-midi durant lequel la vieille Abigaël lui parle de son secret, de ses « Amusements ». Et enfin, j’ai vraiment été touchée par cette manière si belle de décrire ces personnes vieillissantes. Sans sombrer dans le cliché, sans céder au pathétique. Les portraits de ces vieilles femmes, ces « cygnes » sont souvent de toute beauté. J’ai souvent pensé à la chanson de Brel « Les Vieux » en lisant ce livre.

« La femme que nous avions connu avait disparu. Elle ne savait plus où elle se trouvait ni qui elle était. Le réveil matin s’était arrêté. Les gens très âgés se languissent et meurent. Cela, nous le savons, mais les gens très âgés le savent bien mieux que nous. Ils vivent dans un monde de perte continuelle. »

Et toutes ces petites histoires, de l’anecdote émouvante aux récits de vie de ces veuves viennent finalement nous détacher de LA question des hommes, et particulièrement de celle de l’absence de Boris. Car c’est une véritable renaissance qui est offerte à Mia à la fin de cet « été sans les hommes ». Bien évidemment, le choix qu’elle fera à la fin de l’histoire peut-être « discutable ». Mais il n’enlèvera rien au charme de cette jolie parenthèse estivale... 

 

 

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Published by Moka - dans Romans
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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 07:22

Non, non, loin de moi cette idée, surtout pas de grossesse en prévision... Juste l'arrivée d'une amie dans le merveilleux monde des blogs... Et pas n'importe quelle personne à vrai dire. 

Marion vient donc de créer son blog qui porte le joli titre de TWENTY THREE PEONIES et dont le sous-titre me parle évidemment : "In the mood for blog". Style épuré et couleurs douces, les jolies fleurs de sa bannière invitent à une lecture attentive des articles qui nourriront cet espace virtuel...

Découvrir  TWENTY THREE PEONIES  

En quelques mots...

Marion.jpg

Marion est une des plus belles rencontres que j'ai faite l'année dernière.

Marion aime le cinéma et m'a fait découvrir des films qui m'ont bouleversée. Elle m'a donné envie de faire des pauses "DVD" entre deux pauses "lecture"... Elle m'a fait découvrir Les Parapluies de Cherbourg et Les Demoiselles de Rochefort (que Camille me conseillait depuis si longtemps...)

Marion fait (en toute objectivité) de magnifiques photos, j'aime son regard sur les gens, sa manière de diriger l'objectif juste là où il faut... D'ailleurs, prenez deux petites secondes et votez pour elle une dernière fois aujourd'hui pour le concours 3 SUISSES.

Marion adore les mangas (elle m'en a d'ailleurs offert un que j'ai hâte de découvrir) et l'univers japonais... 

Marion aime comme moi s'arrêter dans un STARBUCKS et commander un frappuccino...

Marion aime aussi les albums, les jolies mélodies, discuter bouquins, le thé... Elle a d'ailleurs récemment répondu à mon TAG sur les Mugs... Je pourrai encore continuer longtemps à vous parler d'elle, mais je garde ça pour elle & moi, parce qu'elle sait à quel point j'aime passer du temps avec elle...

Allez, avouez...Vous l'aimez déjà n'est-ce pas ?

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 11:08

DSCF5532-polaTout doucement je comble mon retard et vous propose ainsi le cinquième volet de la fresque zolienne : La Faute de l'abbé Mouret. Cette lecture était prévue au mois de mai et à l'heure où les participants doivent achever L'Assommoir je commence tout juste à entrouvrir Son Excellence Eugène Rougon... Je pense que la période estivale va me permettre de rattraper le retard pris en cette fin d'année scolaire.

 

La Faute de l'Abbé Mouret était un des Zola qui suscitait le plus d'attente de ma part. (Aux côtés de Nana, Au bonheur des dames et La Joie de Vivre ) Non seulement parce que certains lecteurs en avance sur le défi m'en avait soufflé quelques passages sublimes, mais aussi parce qu'il faisait partie des titres qui revenaient le plus souvent dans la liste des coups de coeur zoliens. 

Le récit commence. Serge est sorti du séminaire et a pris Désirée sous son aile puisqu'ils sont orphelins depuis la mort de Marthe et François. Le voilà maintenant un jeune abbé de vingt-six ans qui officie dans un petit village de Provence. Les premiers chapitres dépeignent avec la rigueur naturaliste chaque rituel propre au quotidien du prêtre. Zola donne le ton et laisse place à son regard exhaustif sur l'univers clérical. Tout semble bien rôdé, calculé au moindre geste. Mais déjà, en quelques lignes et le temps d'entrer dans l'oeuvre, la passion dévorante fait son oeuvre. Chaque geste de Serge est déjà lourd de sensualité et "transpire" l'érotisme.  Et quelle remarque faussement naïve Zola fait-il prononcer à la Teule qui s'exclame : "Il en remonterait pour la sainteté à un homme de soixante ans; mais il n'a point vécu, il ne sait rien, il n'a pas de peine à être sage comme un chérubin, ce mignon-là. " En effet, toute la première partie est construite de façon à mettre en valeur un homme droit, profondément animé par la passion de la religion. Les longs passages descriptifs, qui peuvent décourager plus d'un lecteur, servent le besoin de montrer à quel point Serge est un homme qui ne vit que pour son engagement envers Dieu. (Il était déjà présenté ainsi dans La Conquête de Plassans, devenant le protégé de Faujas, le faux dévot manipulateur.) Belle manière de faire exister un personnage à la piété exemplaire pour mieux détruire tout ce qui le constituait dans les premières pages du roman une fois la deuxième partie commencée... Sans trahir un grand secret, Serge va bien évidemment céder au péché de chair. Il croisera le chemin de la jeune Albine, rencontre qui bouleversera sa vie et son rapport au monde. Dans un décor semblable au jardin d'Eden biblique, la nature joue un rôle prépondérant dans l'éveil des sens: Albine et Serge sont les nouveaux Adam et Eve. C'est au coeur de ce havre de paix végétal que nos deux personnages vont se découvrir. L'univers naturel avait déjà été choisi par Zola dans La Curée, mais il prend une plus grande ampleur dans La Faute, passant de l'atmosphère sensuelle de la serre à l'explosion des sens dans ce jardin du Paradou. Portés par les parfums qui donnent le vertige, par les paysages envoûtants, par les sensations grisantes, Albine et Serge vont s'aimer et Serge va "devenir homme". Il renaît dans ce jardin de toutes les tentations, fuyant les conventions morales qu'exige son statut de prêtre. Zola nous le dit clairement "C'est le jardin qui avait voulu la faute". Cette nouvelle liberté acquise par l'intermédiaire d'Albine l'anime et le "réveille" de l'anesthésie du séminaire et le rend bien plus humain que ce pantin d'église décrit par Zola dans les premiers chapitres. Mais conformément au récit biblique, nos deux amants ne seront pas épargnés et l'heure de la chute arrivera vite.

 " Ne vois-tu pas que nous sommes nus ?

 Il eut honte à son tour, il ceignit les feuillages sur ses vêtements défaits"

Le diabolique Père Archangias (Ici, faisons parler l'onomastique, étant donné que les archanges sont dans la hiérachie céleste, les seuls à pouvoir agir sans la permission divine, cela justifie aisément le caractère tyrannique du personnage...) fera tout ce qui est en son pouvoir pour que Serge retrouve la voie de la sagesse et revienne à "ses premières amours."

La fin de la deuxième partie est d'une intensité incroyable. Une véritable lutte d'influences entre le plaisir charnel et le devoir clérical. Tout l'acharnement à vouloir contenir cette passion dévorante sera vain puisqu'elle ne ressurgira que plus intensément et de manière ô combien dramatique... Et que dire d'un des derniers échanges entre Serge et Albine qui tente par tous les moyens de le convaincre de rester auprès d'elle lorsque l'immonde Archangias lui ordonne de quitter le jardin. Quand Albine se livre entièrement, elle n'obtient que le silence de Serge, qui semblent paralysé. 

" Albine, glissée à terre, les mains follement tendues vers son amour qui s'en allait, se releva, la gorge brisée de sanglots. Elle s'enfuit, elle disparut au milieu des arbres, dont elle battait les troncs de ses cheveux dénouées."

En définitive, une lecture qui m'a parfois semblé un peu longue et statique. Mais je pense qu'il faut impérativement dépasser la remarque facile du "il y a trop de descriptions, ça m'ennuie, on s'y perd, c'est inutile..." afin de mieux savourer toute l'intensité de l'oeuvre, qui prend toute son ampleur en fin de seconde partie. Un grand Zola. Indéniablement.

Et pour achever cet article, ces mots... A mes yeux le plus beau passage du roman...

 

"Je t'aime parce que tu es venue. Cela dit tout... Maintenant nous sommes ensemble, nous nous aimons. Il me semble que je ne vivrais plus, si je ne t'aimais pas. Tu es mon souffle. (...) On ne sait pas cela tout de suite. Ca pousse en vous avec votre coeur. Il faut grandir, il faut être fort... Tu te souviens comme nous nous aimions ! Mais nous ne le disions pas. On est enfant, on est bête. Puis, un beau jour, cela devient trop clair, cela vous échappe... Va, nous n'avons pas d'autre affaire; nous nous aimons parce que c'est notre vie de nous aimer."

Les autres articles des courageux participants au défi Zola :

Défi Emile Zola

Stephie et ses Mille et une pages.

Pimprenelle et ses petits carnets.

Gautier du blog "Brouillard charnel"

L'article d'Hors Temps Scolaire

L'article de Kalistina


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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 14:40

DSCF5522-polaOi ! Premier petit article en direct du Brésil... Après une douzaine d'heures d'avion et une correspondance à Lisbonne, je suis arrivée le 4 juillet en soirée après un passage éclair à São Paulo. Quelques heures de bus plus tard, me voilà arrivée sous le soleil de São Carlos. Dès le lendemain, découverte du centre ville, des premières spécialités brésiliennes (Pastel, Milho cozido...), visite de l'UFSCar (l'université de São Carlos...), le genre d'université qui vous donne juste envie de rester un éternel étudiant, visite du zoo de São Carlos,  DSCF5523-polaphotos du premier coucher de soleil... Bref, est-ce bien utile de dire que je suis ravie d'être ici et que j'aime déjà d'amour le Brésil ? J'adore la lumière chaude de São Carlos et ses maisons colorées, les vieilles camionnettes et les Volkswagen "coccinelle". J'aime l'obscurité qui tombe vite sur la ville et les nuits tièdes... Et puis il y a les premières caïpirinhas... Le plus compliqué dans mon petit quotidien est de savoir quelle sera LA caïpirihna de mon été... Oui je vous l'accorde, c'est un problème existentiel... Hélas, l'entreprise est impossible je pense puisqu'à chaque nouvel essai, à chaque nouvelle association de fruits, je décrète avoir trouvé celle que je préfère... DSCF5630-polaPour l'instant, j'ai pu retrouver les saveurs acidulées de la caipirinha classique (citron vert / cachaça) mais j'ai également testé la version "fruits de la passion" (en photo). Et puis hier, ô joie, j'ai pu goûter à la caïpi pastèque/citron vert qu'on aimerait boire même au petit-déjeuner... Enfin, à l'heure où je rédige cet article, je déguste une caïpi pastèque & citron vert savoureuse... Bref, la liste risque de s'allonger et je crois qu'il me faudra y consacrer un article plus conséquent... Affaire à suivre.

Dès dimanche, départ pour le Minas Gerais, région dont j'aurai l'occasion de vous parler prochainement... DSCF5617-pola

Ah oui, je trouve le temps de lire malgré tout. Je viens d'achever La Faute de l'abbé Mouret et je commence à l'instant, La Délicatesse de Foenkinos



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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 07:45

Arthur-TENOR.jpgEn ce mois de Juin, Arthur TENOR est à l'honneur Chez Pimprenelle. Le principe de son rendez-vous mensuel est de nous proposer de découvrir ou de poursuivre la découverte d'un auteur. En ce qui me concerne, je connais Arthur Tenor de réputation mais je n'avais pas encore eu l'occasion de lire ses livres. Je n'ai donc pas hésité très longtemps pour participer au défi de Pimprenelle. Mon choix s'est donc porté sur le livre Il s'appelait le soldat inconnu. Je me souviens d'un article qu'elle avait écrit à ce sujet et si mes souvenirs sont bons, elle avait beaucoup apprécié ce roman jeunesse.

François voit le jour lorsque s'éteint le dix-neuvième siècle. Ce nouveau-né comble de joie sa famille et les premiers chapitres permettent aux lecteurs de le voir grandir: années d'écoliers, découverte du monde impitoyable des enfants, premiers émois... En effet, une touche de gaieté et de fraîcheur vient toutefois égayer sa vie : la petite Lucie, dont il va très vite tomber amoureux. Les années passent, nos deux personnages grandissent ensemble et  s'aiment tendrement.

Mais très vite, cette quiétude se voit bouleversée par la situation politique de la France. Nous sommes en 1914, et la guerre éclate.

François, au grand désarroi de ses proches, semble fasciné par la guerre et trépigne d'impatience à l'idée de défendre son pays contre l'ennemi. Il est de ces jeunes gens qui,  épris de patriotisme, partiront sur le front "la fleur au fusil". Son père, qui ne sait que trop depuis le conflit de 1870 ce qu'est la guerre, tente de le dissuader. En vain. S'il est appelé, il accomplira fièrement son devoir.

Des grands élans patriotiques aux premiers chocs de la réalité du terrain, Arthur Ténor offre à son personnage une palette de sentiments, de réactions, de "situations" assez riches pour retracer très fidèlement ce que fut le quotidien d'un jeune soldat engagé dans le premier grand conflit mondial. Très vite, l'engouement enthousiaste des premiers temps fait place aux désillusions et l'expresssion "enfer du front" prend tout son sens...

Pas de suspense concerant la destinée du héros, puisque le titre nous met tout de suite au parfum. En effet, Arthur Ténor a choisi de rendre hommage au fameux soldat inconnu qui repose éternellement sous l'Arc de Triomphe. Tout de suite, le lecteur sait ce qu'il adviendra de François. Toutefois, et c'est ce qui est terrible dans ce roman, jusqu'au dernier moment, on espère avec Lucie et les parents de François que notre jeune héros va s'en sortir. Je ne vous cache pas que mon adhésion à l'histoire ne s'est pas faite immédiatement. J'avoue aussi que les conditions dans lesquelles j'ai pu lire ce livre ne m'ont pas facilité la tâche. ( Lire au soleil me fait vite dormir, et je passais l'après-midi avec mes copines princesses chez mon Albine...) Mais hier soir, lorsque j'ai voulu terminer le livre pour ne pas être en retard pour le défi de Pimprenelle, j'ai vraiment été séduite par les mots de Ténor et par l'histoire de François. Je n'ai d'ailleurs pas pu reposer le livre avant de l'avoir achevé. C'est indéniablement une très belle surprise pour moi ! (Et c'est ce qui me vaut sans doute mes cernes ce matin...) J'avais conseillé ce livre à mes troisièmes cette année, en faisant confiance aux conseils de Pimprenelle, et je ne vous cache pas que je saurai leur proposer à nouveau.

Enfin, il est évident que je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin concernant la poursuite de la découverte de l'oeuvre de Ténor. D'autant qu'Hélène, ma documentaliste a quelques titres sur les étagères de son CDI à me conseiller... D'ailleurs, j'y vais de ce pas, histoire d'y emprunter quelques lectures estivales...


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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 07:00

La-Petite-Sorciere.jpgAlors voilà c'est bien simple, lire Lacombe est pour moi une grande première. Oui allez, huez-moi, mais mieux vaut tard que jamais. Et pourtant, ce ne sont pas les occasions de croiser ses albums qui manquent... En effet, sans l'avoir jamais lu, je connais ou tout du moins parviens à reconnaître le "style Lacombe": des personnages aussi mystérieux que touchants, aussi sombres que fascinants...  Ainsi, la première chronique de mon expérience lacombienne sera consacrée à La Petite sorcière. (Merci à mon Elise qui l'avait dans sa bibliothèque...)

Lisbeth se prépare à partir chez sa grand-mère Olga pour passer les vacances de Noël. C'est le moment des retrouvailles avec Edward, un petit voisin qu'elle connaît depuis sa plus tendre enfance et qu'elle ne laisse pas insensible... Un après-midi, dans le grenier d'Olga, nos deux jeunes enfants trouvent un livre qu'Olga leur confisque aussitôt. Le soir-même, le village désemparé part à la recherche du petit Edward qui a subitement disparu. De bien curieux événements pour ces vacances de Noël... Et que cache ce livre qui obsède Lisbeth? 

Très vite, et je crois dès la première page de l'album, le lecteur est confronté au talent incontestable du non-moins-séduisant Benjamin Lacombe. Sans prévenir, notre regard est happé par la beauté de ses héros et par ce regard qui les rend si fascinants. L'influence de Tim Burton est incontestable mais Benjamin Lacombe leur donne à mon sens plus de corps et de chair. Ils sont tout aussi sombres mais bien moins cadavériques et fantômatiques.

J'ai tellement aimé suivre Lisbeth dans le grenier d'Olga : Une fenêtre sur le toit qui laisse entrer la lumière dans la pièce poussiéreuse, la bibliothèque qui confère à ce lieu une majesté incroyable, une vieille malle pleine de vieux vêtements. Un peu cliché me direz-vous ? Pas pour les amoureux des livres, que j'invite à pousser la porte de l'univers de Lisbeth et Edward sans hésiter une seule seconde.

Bref, un album dans lequel tout est fait pour me plaire: ces livres, cette grand-mère étonnante, cette tasse de thé pas comme les autres, une gourmandise à la myrtille, des miroirs qui révèlent bien des choses et des horloges dont le tic-tac résonne encore. Bref, Lacombe peut me compter parmi ses nouvelles et fidèles lectrices (avec ma copine Elo qui l'aime d'amour...) Ma prochaine lecture sera consacrée à son interprétation de Blanche-Neige et je compte très vite me procurer ses contes macabres pour les faire découvrir à mes futurs quatrièmes qui j'espère seront autant séduits que moi... 

Je vous laisse cliquer sur son autoportrait pour découvrir son blog tout aussi fabuleux que ses albums...

http://benjaminlacombe.hautetfort.com/media/02/02/1329743771.jpg

J'avance pour le challenge d'Hérisson

Challenge Hérisson 2/20

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 07:58

 

Le Balcon

Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,
O toi, tous mes plaisirs! ô toi, tous mes devoirs!
Tu te rappelleras la beauté des caresses,
La douceur du foyer et le charme des soirs,
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses!

Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon,
Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses.
Que ton sein m'était doux! que ton cœur m'était bon!
Nous avons dit souvent d'impérissables choses
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées!
Que l'espace est profond! que le cœur est puissant!
En me penchant vers toi, reine des adorées,
Je croyais respirer le parfum de ton sang.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées!

La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
Et je buvais ton souffle, ô douceur! ô poison!
Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles.
La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison.

Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses,
Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton cœur si doux?
Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses!

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
Renaîtront-ils d'un gouffre interdit à nos sondes,
Comme montent au ciel les soleils rajeunis
Après s'être lavés au fond des mers profondes?
- O serments! ô parfums! ô baisers infinis!

 

Charles BAUDELAIRE.

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