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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 07:00

Romans-9341.JPG

Aperçu chez Lisa, j'ai su au premier coup d'oeil que ce livre serait vite en ma possession et qu'il serait un de mes coups de coeur de l'année. Pourquoi ? D'abord, pour cette quatrième de couverture :


"D'aberrant à zénith, un homme nous livre

sous la forme d'un abécédaire, le récit de son couple,

de l'émoi de la rencontre jusqu'à l'usure du désamour,

dévoilant des émotions à la fois intimes et universelles..."


Ensuite parce que j'aurais pu pour ce billet, recopier absolument tous les passages qui m'ont touchée et me contenter de ces simples citations qui disent tant et tout à la fois. Voilà un livre qui parlera à tout amoureux: celui qui a aimé comme un fou, et qui a aussi connu le douloureux revers de la médaille. David Levithan m'a littéralement bouleversée à travers ces quelques centaines de pages. Des petites choses anodines teintées d'humour ou de cynisme, d'amour et de désillusions. Il dit le couple par bribes, n'épargne pas ses douleurs et murmure avec tendresse ses petites victoires.

 

ABYSSE, nm.

Il m'arrive de douter de tout. De regretter tout ce que tu m'as pris, tout ce que je t'ai donné, et le gâchis que représente tout le temps que je nous ai consacré.

 

ARRIERES, nm pl.

Ma fidélité était aussi inconsciente que ton écart. Parmi tout ce qui aurait pu aller de travers, jamais je n'aurais imaginé que ce serait ça. "C'était une erreur" as-tu dit. Mais le plus cruel, c'est que j'avais l'impression que c'était moi qui avais commis une erreur, en te faisant confiance.

 

BASE, nf

Il y a forcément un moment, au début, où on se demande si on est amoureux de la personne ou amoureux de l'idée même de l'amour. Si ce moment ne passe pas, terminé - c'est foutu. Et s'il passe, il ne s'en va jamais bien loin.

 

BRECHE, nf

Je ne voulais pas savoir qui c'était, ni entendre ce que vous aviez fait, ou que ça ne voulait rien dire.

 

CONJURER, v

"C'est moi qui te quitterai" m'as-tu murmuré en guise d'avertissement. J'avais l'intime conviction que tu te trompais. J'avais la conviction que ce serait moi qui foutrais tout en l'air. Mais je l'ai gardé pour moi.

 

CORRODER, v

J'ai passé tout ce temps à bâtir une relation. Et puis un soir, j'ai laissé la fenêtre ouverte, et l'édifice a commencé à rouiller.

 

RESERVE, nf

Parfois, j'ai peur de m'être déjà perdu. Peur que le fait d'être avec toi soit devenu si constitutif de ce que je suis que, si nous devions nous séparer, je n'existerais plus. Je réserve cette pensée pour les moments d'immense insatisfaction. Je n'ai jamais eu l'intention de dépendre autant de quelqu'un.

 

RESTE, nm

Reste avec moi pour tout le reste.

Là, viens plus près.

Nous sommes là.

 

Voilà, les bribes. Les autres restent à saisir. Elles en valent tellement la peine. A lire aussi pour l'article CHAMPAGNE, FUNESTE, HASARD, LONGTEMPS, LOUVOYER, POSTERITE, RETRACTATION, TABLEAU, TRANCHANT, UBIQUITE pour les frissons provoqués par les passages que je ne cite pas, pour vous retrouver, pour le/la garder encore un peu près de vous.

Pour ces mots-là, murmurés tout bas. Mots qu'il était totalement improbable de retrouver ici. Les initiés saisiront la référence. Les autres s'empresseront de faire quelques recherches et de regarder ce film merveilleux.

 SLOGAN, nm

A la fin d'un film français, l'amant chante "Aime-moi moins, mais aime-moi longtemps."

 

Ce billet doux s'ajoute donc à ma liste de lectures pour le 

challenge amoureux de L'Irrégulière saison 3

dans la catégorie « Maux d'amour »

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 07:00

Oscar-et-la-dame-rose.jpgOscar a dix ans.

Oscar a une leucémie.

Oscar est condamné.

Oui, je vous l'accorde, on a connu plus réjouissant.

C'est à travers le regard d'un enfant que Schmitt nous fait pénétrer dans l'univers hospitalier. Sans sombrer dans l'écueil facile du récit pathétique et larmoyant, il nous offre une vision "presque" joyeuse, sinon émouvante de ce monde de douleur.

 

Ainsi, Bacon (grand brûlé) Pop-corn (petit garçon obèse), Einstein (hydrocéphale) et Peggy Blue (maladie du sang bleu) accompagnent Crâne d'œuf (Oscar) au quotidien.

Parmi le personnel, nous rencontrons rapidement Mamie Rose. Mamie Rose est, selon ses dires, une catcheuse. C'est surtout une femme un peu vulgaire qui jure sans cesse mais qui a une qualité inestimable : sa grande sincérité. C'est d'elle que vient l'idée un peu saugrenue de persuader Oscar d'entretenir une conversation avec Dieu, conversation qui se voudra épistolaire. Après avoir appris maladroitement qu'il était condamné, Oscar exige une chose: voir cette dame rose chaque jour. Nous sommes le 19 décembre et pendant douze jours, ils pourront se voir. Toutefois, le temps sera étrangement (dé)compté :

"A partir d'aujourd'hui, tu observeras chaque jour

en te disant que ce jour compte pour dix ans."

Oscar accepte aussitôt ce jeu avec le temps. Il promet également à Mamie Rose d'envoyer chaque jour une lettre à Dieu. Les jours passent et Oscar s'amuse à grandir, plus vite que les autres. La dame rose l'invite à se dépasser, à vivre les grands moments que se doivent de vivre les adolescents... Puis l'âge adulte arrive vite. Trop vite.

C'est ma deuxième lecture de ce court titre de Schmitt. Je me souviens l'avoir découvert il y a quelques années et en avoir gardé un souvenir ému. Je relis rarement les livres, (excepté l'Antigone d'Anouilh) et cette relecture fut pour moi profondément bouleversante. Schmitt parvient à dédramatiser un sujet on ne peut plus tabou que la mort d'un enfant et parvient même à nous faire rire. Si l'enfant voit sa vie avancer à un rythme plus cadencé, nous savons tous quelle en sera l'issue . Nous savons que chaque nouvelle lettre envoyée à Dieu l'entraîne un peu plus vite vers la mort. Et quelles lettres ! Brillamment, Schmitt offre à ce petit texte une dimension philosophique claire mais subtile portée par le personnage de la dame rose. Interlocutrice privilégiée, elle parvient, par son statut, à réaliser ce que des parents, trop maladroits et malheureux dans une telle situation ne peuvent faire... Et c'est encore elle qui, tout en douceur, accompagnera le lecteur lors de l'ultime courrier

Après quelques années sur mon étagère, j'ai pris un immense plaisir à redécouvrir ce texte malgré le nœud au ventre qui nous envahit quand nous approchons de la fin du livre. Au fil des pages, l'émotion nous gagne, des visages apparaissent et Oscar s'efface pour laisser place à un proche, à une absente. Ces lettres l'une après l'autre sont une jolie manière d'apprivoiser la mort qui vient. Celle à laquelle on se "peut" se "préparer", mais sans jamais être finalement prêt.

Théoriquement, ce livre devrait avoir été ouvert, aussitôt fermé, perdu, dévoré, oublié, détesté, apprécié, lu par mes quatrièmes. Avant même les vacances, certains lecteurs sont venus me dire à quel point ils avaient aimé et avaient été touchés par ce petit livre qui "se lit trop vite". Certains d'entre eux ont même avoué à demi-mot avoir eu envie de pleurer, avoir retenu leurs larmes. J'aime quand les livres les font réagir. J'aime qu'ils goûtent à ces sensations de lecteurs qu'ils n'ignorent que trop. Bref, j'attends impatiemment la rentrée pour en parler un peu avec eux car il est indéniable qu'il ne les laissera pas indifférents.

Je n'ai aucune idée de ce que vaut le film (des avis ?) et l'idée d'une dame rose incarnée par M.Laroque ne me réjouit guère mais je laisse la bande-annonce aux plus curieux d'entre vous...

 

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 08:01

DSCF5661-pola.jpg" Etonnant comme parfois on prend des résolutions, on se dit que tout sera ainsi dorénavant, et il suffit d'un mouvement infime des lèvres pour casser l'assurance d'une certitude qui paraissait éternelle."

La Délicatesse... Rien que ce titre suggère un univers plein de douceur... Sur un présentoir Folio, posé sur le comptoir de La Fontaine de Castalie, ce livre me faisait de l’œil depuis quelque temps dans ma librairie favorite… C’est donc plongée dans mon hamac que j’ai commencé ce livre pour le refermer quelques heures plus tard. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un livre en un après-midi et je peux dire que ce texte est un joli coup de cœur…

Nathalie fait la connaissance de François qui vient à sa rencontre dans la rue. Elle répond à l’invitation du jeune homme, touchée par cette délicatesse qui émane de lui. Un simple verre de jus d’abricot donnera à François la certitude d’avoir trouvé la femme de sa vie. Ensemble, les journées passent très vite et le couple file un bonheur parfait. Complices, amoureux, amants, ils suscitent bien des jalousies et débordent de bonheur.

" Alors oui, ce bonheur pouvait faire peur..."

Oui mais alors ? Cela suffit pour faire un roman ? Cela aurait pu. Mais il en sera autrement. Je ne veux pas trop en dire pour faire en sorte que vous découvriez comme moi ce qu'il adviendra de la belle histoire d'amour de Nathalie et François...

" La douleur, c'est peut-être ça : une façon permanente d'être déraciné de l'immédiat."

J'ai vraiment passé un très bon moment de lecture (et j'ai ouï dire que je n'étais pas la seule...) Humour, surprises, émotions, références littéraires ou cinématographiques, tous les ingrédients sont réunis pour que la lecture soit des plus plaisantes. J'ai presque été déçue de refermer si tôt /si rapidement le livre de Foenkinos. Voilà un livre dans lequel j'ai laissé pas mal de traces de crayon et de petites annotations... Tant pour des petites phrases, des passages qui me plaisaient ou dans lesquels je me reconnaissais parfois, ou encore pour ne pas oublier de regarder certains films mentionnés ici et ailleurs...

Le personnage de Nathalie est particulièrement touchant. Comme certains des personnages du roman, j'ai ressenti beaucoup d'admiration pour cette femme que j'ai vraiment trouvée incroyable... David Foenkinos fait de ce livre un petit recueil de jolis instants et nous laisse le sourire aux lèvres une fois le livre refermé. Inutile de dire que j'ai très envie de découvrir ses autres titres et plus spécialement Le Potentiel érotique de ma femme et Nos Séparations.

" Il pensa alors qu'il y avait quelque chose de pire que d'être rejetté par une femme que l'on aime : devoir la croiser tous les jours. Se retrouver à tout instant près d'elle, dans un couloir."

Du coup, ce livre me permettra d'inauguer ma participation au défi lecture de L'Irrégulière, dans la catégorie "Histoires d'amour qui finissent bien". Et ce n'était pourtant pas gagné d'avance...

Challenge amoureux-pola


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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 07:22

Non, non, loin de moi cette idée, surtout pas de grossesse en prévision... Juste l'arrivée d'une amie dans le merveilleux monde des blogs... Et pas n'importe quelle personne à vrai dire. 

Marion vient donc de créer son blog qui porte le joli titre de TWENTY THREE PEONIES et dont le sous-titre me parle évidemment : "In the mood for blog". Style épuré et couleurs douces, les jolies fleurs de sa bannière invitent à une lecture attentive des articles qui nourriront cet espace virtuel...

Découvrir  TWENTY THREE PEONIES  

En quelques mots...

Marion.jpg

Marion est une des plus belles rencontres que j'ai faite l'année dernière.

Marion aime le cinéma et m'a fait découvrir des films qui m'ont bouleversée. Elle m'a donné envie de faire des pauses "DVD" entre deux pauses "lecture"... Elle m'a fait découvrir Les Parapluies de Cherbourg et Les Demoiselles de Rochefort (que Camille me conseillait depuis si longtemps...)

Marion fait (en toute objectivité) de magnifiques photos, j'aime son regard sur les gens, sa manière de diriger l'objectif juste là où il faut... D'ailleurs, prenez deux petites secondes et votez pour elle une dernière fois aujourd'hui pour le concours 3 SUISSES.

Marion adore les mangas (elle m'en a d'ailleurs offert un que j'ai hâte de découvrir) et l'univers japonais... 

Marion aime comme moi s'arrêter dans un STARBUCKS et commander un frappuccino...

Marion aime aussi les albums, les jolies mélodies, discuter bouquins, le thé... Elle a d'ailleurs récemment répondu à mon TAG sur les Mugs... Je pourrai encore continuer longtemps à vous parler d'elle, mais je garde ça pour elle & moi, parce qu'elle sait à quel point j'aime passer du temps avec elle...

Allez, avouez...Vous l'aimez déjà n'est-ce pas ?

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 08:30

Attention ce livre est pour moi un véritable coup de coeur. (Voilà, comme ça vous êtes prévenus.) André Gorz est un philosophe, grand lecteur de Blanchot, Merleau-Ponty ou Foucault. Il a côtoyé Sartre et Simone de Beauvoir et fait partie de ce cercle d'intellectuels qui, de par leur vie et leur engagement (pas seulement littéraire) ont d'ores et déjà toute mon admiration et me fascinent.

andreedorine-pola.jpg"Tu vas avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien. J'ai besoin de te redire simplement ces choses simples avant d'aborder les questions qui depuis peu me taraudent. Pourquoi es-tu si peu présente dans ce que j'ai écrit alors que notre union a été ce qu'il y a de plus important dans ma vie ? Pourquoi ai-je donné de toi dans Le Traître une image fausse et qui te défigure ? Ce livre devait montrer que mon engagement envers toi a été le tournant décisif qui m'a permis de vouloir vivre. Pourquoi alors n'y est-il pas question de la merveilleuse histoire d'amour que nous avions commencé de vivre sept ans plus tôt ? Pourquoi ne dis-je pas ce qui m'a fasciné en toi ? Pourquoi t'ai-je présentée comme une créature pitoyable «qui ne connaissait personne, ne parlait pas un mot de français, se serait détruite sans moi», alors que tu avais ton cercle d'amis, faisais partie d'une troupe de théâtre lausannoise et étais attendue en Angle­terre par un homme décidé à t'épouser ? "

Ce sont les premières lignes de la lettre qu'il adresse à Dorine, l'unique amour de sa vie, la personne ayant révélé toute l'intensité de son existence. A l'heure où l'on se demande si l'amour pour l'autre peut s'inscrire sincèrement et toujours aussi intensément dans le temps, André Gorz nous offre la plus belle des réponses. Ce texte est le point d'orgue d'une Oeuvre qu'il a mis toute sa vie à construire. Essais, textes autobiographiques, il arrive comme le point final d'un travail d'écriture fastidieux. Et c'est justement en revenant sur un des textes qui l'aura fait connaître (Le Traître) qu'il va offrir une place de choix à Dorine, comme une excuse de l'avoir peut-être un peu "négligée" alors qu'elle occupait la plus importante des places dans sa vie.Histoire-d-un-amour.jpg

Gorz revient tout au long de sa lettre sur sa rencontre avec cette jeune anglaise qu'il décide d'inviter à danser, peu assuré d'une réponse favorable de la part de cette femme à la "démarche de danseuse". Un simple "why not" viendra sceller des décennies passées l'un auprès de l'autre. De discussions littéraires en rendez-vous cinématographiques, de conversations philosophiques en débats politiques, nos deux amants vont se découvrir et s'offrir une relation qu'ils veulent unique et de toute beauté. Une relation à construire, à faire grandir comme ils l'entendent. Ils font le choix suivant "se donner l'un à l'autre entièrement". Cela n'était pas une entreprise aisée, Dorine ayant eu un modèle parental qui " la poussait plutôt à vivre seule et ne jamais être amoureuse". Au fil des pages, il constate avec une mélancolie fragile que Dorine n'a pas toujours été aimée comme elle l'aurait mérité. Convoitée par Sartre lors d'un réveillon, admirée de son cercle d'amis, cette femme qui partage sa vie, relit fidèlement ses manuscrits, travaille auprès de lui en toute indépendance et autonomie le fascine à chaque instant. Il déplore son incapacité à n'avoir pas su "dire"/"écrire" ce qu'il a toujours ressenti. Il l'exprime parfaitement dans ce magnifique passage qui souligne cette impuissance qu'il surmonte brillamment dans Lettre à D. " Le chapitre devait marquer le tournant majeur de ma vie. Il devait montrer comment mon amour pour toi, mieux, la découverte avec toi de l'amour, allait enfin m'amener à vouloir exister; et comment mon engagement avec toi allait devenir le ressort d'une conversation existentielle. Le récit s'arrête donc avant la rédaction du Traître, avec le serment de ne jamais me laisser séparer de toi. [...] L'ennui, c'est qu'il n'y a aucune trace de conversation existentielle dans ce chapitre, aucune trace de ma découverte de l'amour, ni de notre histoire. Mon serment reste formel. Je ne l'assume pas, ne le concrétise pas [...] Je prétends parler de toi comme de la seule femme que j'ai aimée d'amour et de notre union comme la décision la plus importante de nos deux vies. "

C'est en pleurant que j'ai refermé ce livre, chose qu'il m'arrive rarement. Cette amour inconditionnel de l'autre est littéralement bouleversant. J'aurai pu recopier ici une grande partie du livre pour en citer les passages qui résonnent encore au fond de moi. Ceux qui me connaissent un peu et qui auront eu ce livre entre les mains sauront bien évidemment pourquoi... Enfin, les derniers mots de Gorz sont d'autant plus forts quand on connaît la destinée de leur couple : "Je guette ton souffle, ma main t'effleure. Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l'autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble."

Du coup je me sens vraiment en phase avec L'Irrégulière qui a également lu ce livre et qui je pense partage pleinement mon avis sur ce merveilleux texte...

L'oeuvre en quelques citations...AVT_Andre-Gorz_4781.pjpeg-pola.jpg

" Nous avions besoin de créer ensemble, l'un par l'autre, la place qui nous a été originellement déniée. Mais pour cela il fallait que notre amour soit aussi un pacte de vie. Je n'ai jamais formulé cela aussi clairement. Je le savais au fond de moi. Je sentais que tu le savais. Mais la route a été longue pour que ces évidences vécues se fraient un chemin dans ma façon de penser et d'agir."

"Si tu pars, je te suivrai. Je ne pourrai pas supporter l'idée de t'avoir laissée partir [...] Pourquoi donc ai-je l'air si sûr que notre séparation serait plus supportable à toi qu'à moi ? Pourquoi ne pas avouer le contraire ? Pourquoi, dis-je que j'étais responsable de la tounure que prendrait ta vie ? "

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 09:00

http://www.peripheries.net/IMG/jpg/huston15.jpgPremier roman de cet auteur qu'on ne présente plus, ma "rencontre" avec cette oeuvre n'est pas étrangère avec ma reprise du piano et du solfège. Voilà un des premiers ouvrages sélectionné d'après les conseils de ma libraire autour de la thématique musicale... Je connaissais déjà Nancy Huston  de réputation (et pas seulement parce que son mari -Tzvetan Todorov - a marqué mes années de fac et de CAPES ) et il me tardait de découvrir un de ses livres. http://www.wordfest.com/07/2007/images/presskit/Huston_Nancy.jpg

"Les personnes dans l'assistance sont des êtres que j'ai aimés et que j'aime." Voilà, il est l'heure. Liliane prend alors place derrière son piano. Cette soirée est la sienne et aussitôt installée, ses doigts se baladent sur les touches noires et blanches... Autour d'elle, des invités qui l'observent et se laissent emporter par les célèbres Variations Goldberg de Bach. Chaque chapitre du roman va alors être un espace de "parole"; de "pensée" pour chacun des invités présents à cette soirée musicale. Proches, famille, connaissances, amis, amants, maîtresses... Tous réunis ici sans vraiment savoir pourquoi. Tous présents pour contempler l'artiste. C'est à travers le regard et les pensées de Liliane que le livre commence. Puis tour à tour, les invités poseront leur regard sur l'artiste et raviveront les souvenirs ou instants partagés avec elle. Folle passion, jalousie, nostalgie, incompréhension, regards attendris, indifférence, un florilège de sentiments et de sensations vont parcourir le roman, dressant alors de manière bien singulière un magnifique portrait de femme, plein de force et d'intensité. 

 

Je ne vous cacherai pas que j'ai mis un peu de temps avant de saisir la puissance de ce roman. D'abord emporté par les mots j'ai cru que j'allais me lasser et j'avoue avoir été à deux doigts de le laisser de côté. Je n'avais en effet pas saisi le principe des regards croisés sur Liliane et j'ai très vite perdu pieds face à la technique narrative adoptée. En effet, d'un chapitre à l'autre s'exprimait un "je" que je ne parvenais pas à saisir de par sa multiplicité.  De plus, les chapitres s'achevaient parfois sans même que la phrase soit achevée. Mais une fois la valse des regards lancée, j'ai fini par me laisser séduire par ce judicieux mélange des points de vue sur la jeune femme. Certaines évocations, sont réellement envoûtantes. Je crois que les passages qui m'ont le plus convaincue sont les portraits faits par les amants (des deux sexes confondus). Entre érotisme sous-jascent, passion latente, et nostalgie des corps, ces regards aimants parviennent à faire de Liliane une femme mystérieuse à l'aura exceptionnelle, sans pour autant passer sous silence ses faiblesses. De plus, Liliane n'est pas la seule à être "analysée" puisque le lecteur décèlera en chacun des narrateurs successifs des blessures, des envies, des désirs  qui ne lui seront pas étrangers et pour lesquels il se laissera aller à l'identification... Bref, une lecture que je vous conseille sans aucune hésitation.

 

Les pages cornées et traits de crayons...

 

" Music for a while, il y a un morceau de Purcell qui s'appelle comme ça. Music for a while, "la musique pendant un moment", je crois que c'est le morceau que je préfère au monde, je ne sais pas de quoi ça parle, je ne comprends pas très bien l'anglais, mais c'est très lent et très poignant et ça dit qu'on a le droit de s'occuper seulement de la musique de temps en temps. Pas tout le temps, mais pendant un moment [...] qu'on peut simplement fermer les yeux et ouvrir les oreilles pendant un moment. C'est très beau ce mot anglais while parce que c'est indéfini comme durée : un certain temps c'est à dire justement un temps incertain et ça me donne envie de pleurer parce que ce sont les seuls moments, pendant la musique et pendant l'amour où le temps est suspendu, où il n'est plus compté, où il s'écroule et je suis prise toute entière par ce qui m'arrive pendant son écoulement : la jouissance musicale ou la jouissance amoureuse. " Myrna


" L'amour et la musique. Pour eux et pour eux exclusivement j'accepte de perdre du temps. Parce que ce sont des domaines hors langage. L'un et l'autre tentent de dire quelque chose mais l'un et l'autre s'épanouissent entièrement dans cette tentative, cette intention de dire... Ils sont tributaire sdu langage mais simultanémenent en deçà et au-delà de lui. Il sont malgré tout par définition, circonscrits dans le temps. On ne peut pas baiser indéfiniment, et chaque pièce de musique a un début et une fin. Je suis sécurisé parce que je sais d'avance que l'évanouissement du langage sera temporaire. Ainsi, plutôt la Recherche du temps perdu, ce concert serait la recherche de la perte de temps ? " L'écrivain.

 

" Je ne peux qu'espérer que les différentes exigences de ta vie actuelle -notre relation, ton travail au journal- te permettront de briser peu à peu les liens qui te rattachent encore à un passé révolu. Passé lointain et proche aussi. Je sais les souvenirs d'enfance et les amitiés d'adolescence sont pour beaucoup dans ton entêtement à ce sujet. Mais ce sont, là aussi, des anachronismes et je suis persuadé que tu sauras te débarrasser de leur poids car je tiens à ce que tu sois libre et légère... " Manuel

 

" Manuel, Manny. Mon petit homme. Il y a des choses qui échappent aux carreaux de ta grille. Quand tu m'embrasses les seins, comment penser aux conditions économiques de ce qui se produit là : l'amour ? Même sur ça tu voudrais avoir prise : tu écris sur les rapports sexuels sous le capitalisme, tu analyses la phallocratie comme rejeton des valeurs bourgeoises, tu me donnes à lire Engels et les freudo-marxistes modernes. Manny, je voudrais que tu m'aimes avec mes maladresses et mes faiblesses. Que tu cesses de me voir comme une personnes "sauvable"... " Bibi

 

 L'instant musical...

Pour clore cet article, un petit instant musical autour des Variations Goldberg qui m'a semblé incontournable... Cette homme me fascine littéralement. J'aime sa manière de jouer, comme possédé par  les rythmes et les notes... J'ai dû lire ce livre en écoutant des dizaines de fois ce morceau. Prenez le temps d'écouter cet extrait à l'occasion...

 

 

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 21:00
J'ai lu ce livre cet été et je viens de me rendre compte que je n'avais pas encore publié le billet le concernant...

Il en fallait du talent pour évoquer le milieu scolaire sans tomber dans les clichés, sans faire dans la caricature. Il en fallait du talent pour ne pas me donner envie de refermer ce livre dès les premières pages. (Et oui,
il fallait réussir  à me convaincre - étant au quotidien dans un collège - pour avoir même envie de m'y replonger pendant les vacances estivales.) Il en fallait du talent pour ne pas me décevoir après la belle rencontre que j'avais faite en lisant Les Demeurées. Et bien, j'affirme et confirme, Jeanne Benameur a vraiment un don pour l'écriture, un talent inouï pour m'emporter et me bouleverser.

Le livre s'ouvre sur l'effervescence des couloirs d'un collège. Chaque chapitre correspond à un regard, un membre du rouage qui fait fonctionner "tant bien que mal"  le collège. Principale, personnels de service, élèves, professeur confirmés ou débutants...
Tous ont su captiver mon attention, cette jeune TZR professeur de SVT en mal de ses racines, ce professeur de lettres souffrant de ses désillusions, ce jeune garçon en mal de mots, qui compense ce manque par la violence... Bref, des personnages touchants, parfois agaçants, pour faire de ce livre
un vrai coup de coeur...

J'ai dévoré ce livre et je n'avais vraiment aucune envie de le terminer...
Un magnifique moment de lecture avec cette capacité de Jeanne Bénameur à me séduire tant par le style que par le fond. Avec des mots simples ou des phrases particulièrement bien choisies, construites et déposées de manière anodine sur le papier, voilà un auteur dont je ne me lasse pas de lire les oeuvres... Reste à choisir le prochain titre...

Allez, à vos LAL, il serait dommage de laisser vos PAL passer à côté de ce livre... Et ce ne sont pas Lectiole, Leiloona, Stephie, qui vont me contredire...

J'ai également décidé de "partager" ce livre avec Perlou, et ma copine Mélanie. Je sais que Mél a adoré et dévoré ce livre juste après m'avoir vue complètement absorbée par l'histoire alors que nous passions nos vacances ensemble. Camille, je sais que ce livre est sur ta PAL, mais impossible de me souvenir si tu l'as lu depuis...
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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 16:30
Attention, pas de suspense :
GROS COUP DE COEUR !

Voilà une lecture ô combien agréable quand le moral n'est pas toujours au rendez-vous... Un vrai moment de détente comme on en a parfois besoin. Un livre qui n'a même pas eu le temps de passer par ma PAL
A travers des dessins illustrant son quotidien Pénélope Bagieu nous offre des instants choisis de la vie de "fille" dans ce qu'elle a de drôle, d'agaçant, de tracassant, de plaisant, de superficiel, le tout traiter avec un humour délicieux.
Difficile voire impossible de trouver une page qui ne nous corresponde pas. Bon il faut avouer que j'ai dû dire " c'est tout à fait moi !" toutes les deux secondes...


Bref, une bouffée d'oxygène, un vrai coup de coeur pour les dessins, les textes et pour cette femme talentueuse qui a toute mon admiration. Quelle frustration quand vient le moment de refermer le livre. Oui, c'est d'ailleurs son seul défaut : il se lit bien trop vite.

Mes passages préférés... (La sélection fut difficile tant tout le livre m'a plu)

Quand une liste de "shopping Ikéa" se transforme en un coffre plein à craquer...
Quand Pénélope énumère ses défauts "du moins grave au plus dramatique".
Quand Pénélope arbore fièrement toutes ses petites robes noires...
Quand "ça faisait vraiment longtemps"(non ce n'est pas ce à quoi vous pensez... :))
Quant Pénélope revisite l'épisode des sirènes homériques version "non je ne craque pas pour ce sac à main hors de prix. ( Camille si tu passes par ici, fais-moi signe, si tu n'as pas déjà lu ce livre je te l'offre, promis !)
Quand un samedi ensoleillé n'est pas toujours celui qu'on imagine.
Quand nous les filles, avons la "rage de vaincre."

J'ai d'ailleurs un "défi" avec ce petit bouquin, le faire lire à Mr.Moka  (je te renvoie à la page 77, ça devrait te rappeler quelquechose...) qui a déjà commencé à le parcourir lorsque nous attendions de passer en caisse et qui n'a cessé de confirmer ce que je vous ai dit plus haut "ah oui c'est vraiment toi, surtout là... et là encore plus".

Bref, si ce n'est pas encore fait, jetez-vous sur ce petit bijou qui vient, en plus, de sortir en poche.
N'hésitez pas à aller faire un tour sur son site : ici
Pour découvrir les avis d'autres blogueuses : celui de ma copine Stephie, de Pimprenelle. ou d' Alwenn.








Belle lecture !


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