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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 08:36

 

Arthur-Rimbaud-pola.jpg

Rêve pour l'hiver

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.


Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.


Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...


Et tu me diras: "Cherche!" en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup...

 

Arthur Rimbaud

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 07:00

paul_eluard-pola.jpg

 

Vivre ici


 

Quand je l’ai vue, je l’ai perdue

La trace d’une hermine sur les vitres givrées.

Une étoile, à peine une étoile, la lumière,

Ses ongles sur le marbre éveillé de la nuit.

 

Je ne parle plus pour personne,

Le jour et la nuit se mêlent si bien dans la chevelure,

Sous mon regard, sous ses cheveux elle se fane,

Être vertueux, c’est être seul.

 

Inconnue, elle était ma forme préférée,

Je n’avais pas le souci d’être un homme,

Et, vain, je m’étonne d’avoir eu à subir

Mon désir comme un peu de soleil dans l’eau froide.

 

Paul Éluard

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 07:00

Parce que de temps en temps, les dimanches poétiques

cèderont leur place aux dimanches musicaux...

 

L.jpg

 

Mes lèvres sont mortes d'ivresse
Embrasées dans un tourbillon
Carillonnant, plein de promesses,
Sans confettis et cotillons,
Alors que tout autour de moi semblait vibrer tourbillonner,
Dans des éclats de rire gras
Mes lèvres se sont desséchées
Je les avais brûlées pour toi
Fardées de rouge et puis d'étoiles,
Amassées, cachées sous mon voile
A l'aube en te croyant roi

Mes lèvres sont mortes à minuit

Mes lèvres sont mortes d'ivresse,
Embrasées dans un tourbillon
Carillonnant, plein de promesses,
Sans confettis et cotillons,
Bien sûr tu m'avais prévenu
Venant auprès de moi que toi
Tu ne te mettrais pas à nu
Que tu venais par désarrois
Mais tes mains tu me les tendais,
Tes mains trop grandes et tes doigts d'or
Je les ai laissées me serrer
Elles sont à la taille de mon corps

Mes lèvres sont mortes à minuit

Mes lèvres sont mortes d'ivresse,
Embrasées dans un tourbillon
Carillonnant, plein de promesses,
Sans confettis et cotillons,
Quand dans ta nuit tu m'as couché
C'est à ma bouche que tu pressais
Ta tête lourde et ta douleur
J'étais ton ange ta douceur
Veilleuse de nuit j'ai posé
Mes doigts sur tes yeux enfoncés
Car je les sentais exploser
Tes yeux, au creux de ta pensée

Mes lèvres sont mortes à minuit

Mes lèvres sont mortes d'ivresse,
Embrasées dans un tourbillon
Carillonnant, plein de promesses,
Sans confettis et cotillons,
Ton ange dans ce tourbillon
Rêvait quand ses lèvres ont pris feu
Elle brûlait pour le réveillon
Dans une brèche de tes yeux
Mes lèvres sont mortes à minuit
Au premier son du carillon
Dont les douze coups m'ont réduite
En une pluie de cotillons

Mes lèvres sont mortes à minuit
Mes lèvres sont mortes


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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 07:30

Parce que je suis dans ma période Benjamin Biolay.

Un texte qui me bouleverse. Et en chanson s'il vous plaît...

benjaminbiolay-pola.jpg

Ton héritage.

Si tu aimes les soirs de pluie
Mon enfant, mon enfant
Les ruelles de l'Italie
Et les pas des passants
L'éternelle litanie
Des feuilles mortes dans le vent
Qui poussent un dernier cri
Crie, mon enfant

Si tu aimes les éclaircies
Mon enfant, mon enfant
Prendre un bain de minuit
Dans le grand océan
Si tu aimes la mauvaise vie
Ton reflet dans l'étang
Si tu veux tes amis
Près de toi, tout le temps

Si tu pries quand la nuit tombe
Mon enfant, mon enfant
Si tu ne fleuris pas les tombes
Mais chéris les absents
Si tu as peur de la bombe
Et du ciel trop grand
Si tu parles à ton ombre
De temps en temps

Si tu aimes la marée basse
Mon enfant, mon enfant
Le soleil sur la terrasse
Et la lune sous le vent
Si l'on perd souvent ta trace
Dès qu'arrive le printemps
Si la vie te dépasse
Passe, mon enfant
 
Ça n'est pas ta faute
C'est ton héritage
Et ce sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ça n'est pas ta faute
C'est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou, plutôt sans

Si tu oublies les prénoms
Les adresses et les âges
Mais presque jamais le son
D'une voix, un visage
Si tu aimes ce qui est bon
Si tu vois des mirages
Si tu préfères Paris
Quand vient l'orage

Si tu aimes les goûts amers
Et les hivers tout blancs
Si tu aimes les derniers verres
Et les mystères troublants
Si tu aimes sentir la terre
Et jaillir le volcan
Si tu as peur du vide
Vide, mon enfant
 

Si tu aimes partir avant
Mon enfant, mon enfant
Avant que l'autre s'éveille
Avant qu'il te laisse en plan
Si tu as peur du sommeil
Et que passe le temps
Si tu aimes l'automne vermeil
Merveille, rouge sang

Si tu as peur de la foule
Mais supportes les gens
Si tes idéaux s'écroulent
Le soir de tes vingt ans
Et si tout se déroule
Jamais comme dans tes plans
Si tu n'es qu'une pierre qui roule
Roule, mon enfant

 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 07:30

Petit tête à tête dominical avec un poète dont on ne parle pas assez.... Je vous laisse donc partir à la rencontre de Madame Marceline Desbordes-Valmort, figure poétique du début XIXe siècle.

 

Les séparés.

 

N'écris pas - Je suis triste, et je voudrais m'éteindre
Les beaux été sans toi, c'est la nuit sans flambeau
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau
N'écris pas !

N'écris pas - N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes
Ne demande qu'à Dieu ... qu'à toi, si je t'aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais
N'écris pas !

N'écris pas - Je te crains; j'ai peur de ma mémoire;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire
Une chère écriture est un portrait vivant
N'écris pas !

N'écris pas ces mots doux que je n'ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur;
Et que je les voix brûler à travers ton sourire;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur
N'écris pas !


Marceline Desbordes-Valmore 

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 07:00

baudelaire03-pola

Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine
Et lorsqu'il eut donné son obole à Charon,
Un sombre mendiant, l'oeil fier comme Antisthène,
D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron.

Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes,
Des femmes se tordaient sous le noir firmament,
Et, comme un grand troupeau de victimes offertes,
Derrière lui traînaient un long mugissement.

Sganarelle en riant lui réclamait ses gages,
Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant
Montrait à tous les morts errant sur les rivages
Le fils audacieux qui railla son front blanc.

Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,
Près de l'époux perfide et qui fut son amant,
Semblait lui réclamer un suprême sourire
Où brillât la douceur de son premier serment.

Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre
Se tenait à la barre et coupait le flot noir,
Mais le calme héros, courbé sur sa rapière,
 

Regardait le sillage et ne daignait rien voir.

 

Don Juan aux enfers, Charles Baudelaire

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 07:58

 

Le Balcon

Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,
O toi, tous mes plaisirs! ô toi, tous mes devoirs!
Tu te rappelleras la beauté des caresses,
La douceur du foyer et le charme des soirs,
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses!

Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon,
Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses.
Que ton sein m'était doux! que ton cœur m'était bon!
Nous avons dit souvent d'impérissables choses
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées!
Que l'espace est profond! que le cœur est puissant!
En me penchant vers toi, reine des adorées,
Je croyais respirer le parfum de ton sang.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées!

La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
Et je buvais ton souffle, ô douceur! ô poison!
Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles.
La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison.

Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses,
Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton cœur si doux?
Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses!

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
Renaîtront-ils d'un gouffre interdit à nos sondes,
Comme montent au ciel les soleils rajeunis
Après s'être lavés au fond des mers profondes?
- O serments! ô parfums! ô baisers infinis!

 

Charles BAUDELAIRE.

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 08:10

zweig100-pola.jpg

Parce qu'il est au coeur de nombreuses conversations avec mes princesses ces derniers temps, parce que Marion l'aime de plus en plus, parce qu'Aurélia lit en ce moment le livre que je lui ai offert, parce que Voyage dans le passé sera une de mes prochaines lectures...

 

Tristesse du soir, ô toi luth sonore,
Âme des Ténèbres, toi confident de la jeunesse,

Tristesse vespérale, ô douleur consolante,
Doux compagnon de ma solitude.

Tristesse du soir, ô fraîcheur bruissante,
Tristesse du soir, comme je te sens !

Des lèvres enténébrées, de douceur imprégnées,
Se sont doucement penchées vers les miennes,

De douces mains avec leur tendre caresse
Effleurent mon visage et me font

Frémir plénier déjà dans la volupté en attente
Pour m’adonner à ta mélancolie.

 

"Tristesse du soir". Zweig.


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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 06:00

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Jamais d’autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes
En dépit des mutilations d’arbre à la tombée de la nuit
Jamais d’autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien
Plus tu t’éloignes et plus ton ombre s’agrandit
Jamais d’autre que toi ne saluera la mer à l’aube
       quand fatigué d’errer moi sorti des forêts ténébreuses
       et des buissons d’orties je marcherai vers l’écume
Jamais d’autre que toi ne posera sa main sur mon front et mes yeux
Jamais d’autre que toi et je nie le mensonge et l’infidélité
Ce navire à l’ancre tu peux couper sa corde
Jamais d’autre que toi
L’aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux de cuivre vert-de-grisés
Quelle évasion !
C’est le dimanche marqué par le chant des rossignols dans les bois vert tendre
       l’ennui des petites filles en présence d’une cage où s’agite un serin,
       tandis que dans la rue solitaire
       le soleil lentement déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud
Nous passerons d’autres lignes
Jamais jamais d’autre que toi
Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins de banlieue
       seul comme le verre
Et toi jamais d’autre que toi.

Corps et biens  Robert Desnos

 


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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 09:33

http://blog.ac-rouen.fr/eco-le-clos-au-duc/files/document.jpg

"J'ai presque peur, en vérité"

J'ai presque peur, en vérité,
Tant je sens ma vie enlacée
A la radieuse pensée
Qui m'a pris l'âme l'autre été,

Tant votre image, à jamais chère,
Habite en ce coeur tout à vous,
Mon coeur uniquement jaloux
De vous aimer et de vous plaire ;

Et je tremble, pardonnez-moi
D'aussi franchement vous le dire,
A penser qu'un mot, un sourire
De vous est désormais ma loi,

Et qu'il vous suffirait d'un geste.
D'une parole ou d'un clin d'oeil,
Pour mettre tout mon être en deuil
De son illusion céleste.

Mais plutôt je ne veux vous voir,
L'avenir dût-il m'être sombre
Et fécond en peines sans nombre,
Qu'à travers un immense espoir,
Plongé dans ce bonheur suprême
De me dire encore et toujours,
En dépit des mornes retours,
Que je vous aime, que je t'aime !

 

Paul Verlaine

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