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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 17:00

 

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"J'ai les yeux verts. Sans doute pas le vert auquel vous pensez tout de suite. Ils sont vert vif. Saisissants. Je ne dis pas ça pour me vanter. J'essaie juste d'être précis. [...] La première fois que les gens me voient, il y a souvent un choc, un temps d'arrêt, après quoi ils se remettent tant bien que mal."

 

Luke voit sa vie prendre un tout autre tournant quand sa mère heurte de plein fouet un camion bien trop lourd pour sa petite voiture. Le voilà désormais seul avec son père sans autre solution que celle d'être son attelle, celui qui va l'accompagner dans un travail de deuil au départ impossible. (Surtout quand le moindre geste du quotidien semble une entreprise insurmontable.) Arrivent alors la vente de la maison et le déménagement : ce que nous appelons communément "nouveau départ"...

A peine installé à Duerdale, ville perdue dans les profondeurs de la belle Irlande, il rencontre l'atypique Jon Mansfield. Les deux garçons s'apprivoisent et se découvrent durant l'été. Tout doucement, Luke commence à apprécier ce Jon si calme et impassible. Amitié et complicité s'imposeront d'elles-mêmes. Jon est également fasciné par le père de Luke. Il faut dire que c'est un artiste qui fait naître du bois de jolis jouets qui transpirent la nostalgie d'une enfance que ce jeune garçon n'a jamais vraiment eue...

Vous l'aurez donc compris, ces personnages ont tous leurs failles, leurs douleurs. Des écorchés vifs que la vie a refusé de ménager. La rentrée approche et Luke va alors découvrir le chaos dans lequel évolue son nouvel ami. D'autres combats bien plus rudes vont être à mener...

Je n'aurais probablement jamais acheté ni ouvert un tel livre sans le Prix Relay. Voilà une très jolie lecture, une histoire tendre pour un trio tant malmené par la douleur. Un récit plein d'amour, un éloge à la vie "malgré tout" et ce sans aucun larmoiement ni pathos. Un roman du quotidien qui brille de simplicité et de petites émotions et dans lequel rien n'est gagné d'avance. A lire, de toute évidence.

 

Les avis des copines : Clara, Cryssilda, Leil', Saxaoul.

 

http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2013/02/prix-relay-europe-1.jpgLu dans le cadre du Prix Relay des voyageurs

 

logo saison3 Challenge amoureux irrégulière

Ce billet s'ajoute donc à ma liste de lectures pour le 

challenge amoureux de L'Irrégulière saison 3

dans la catégorie «L'amour sans le faire »

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 06:00

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Lecture offerte par Marion et mug Les Cousines de Léon Lille.

Un titre qui donne le ton, qui est venu mettre un point final à mes lectures de 2012 et qui sera l'occasion d'une première chronique littérature pour 2013.

D'abord, une dédicace, toute personnelle de ma jolie Marion. Les initié(e)s identifieront assez vite la référence.

" Dis moi si tu resterais là, à attendre de savoir s'il s'agit d'une simple histoire de collier, ou d'une histoire de sexe et de collier, ou alors, le pire de tout, une histoire de collier et une histoire d'amour ?

Tu resterais ?

Tout en sachant que les choses ne pourraient qu'empirer...

Ou tu ferais ta valise ?

Et ces quelques mots qui s'échappent du prologue.

" Que celle -ou celui- qui ne veut pas- ou plus- entendre parler d'amour repose ce livre."


Ce livre, c'est l'histoire d'Anna, de Louise, de Thomas et d'Yves. Mais c'est aussi, par la force des choses, celle de Romain et Stanislas... (Promis, j'arrête là les prénoms...)

Les deux femmes approchent la quarantaine et vont être surprises (et le mot est faible) par une jolie rencontre. Louise va s'éprendre de Thomas, psychanalyste rencontré lors d'une soirée mondaine et Anna va tomber sous le charme d'Yves, écrivain qui se cherche. Anna et Louise sont respectivement mariées à Stan et Romain, elles sont mères, sans pour autant subir leur vie de couple et vont alors être frappées par ce "coup de foudre" que tant de personnes attendent désespérément. Ce sont leurs histoires croisées que nous allons suivre au fil des pages...

" Mille fois, il lui a dit "je t'aime" D'où sait-il aujourd'hui qu'il a menti ? Yves va quitter Ariane et il a honte de cette chaleur sucrée qui s'appelle l'affection, honte de cette tristesse qu'il va devoir feindre, honte de cet élément nouveau, éclatant, qu'il va falloir cacher."

Alors, oui, inévitablement, la plume de Le Tellier vient nous parler d'amour. Celui qui un jour vous explose au visage et vous donne la force de tout quitter pour lui. Celui qui vous happe, qui vous entraîne dans une histoire que vous n'attendiez plus. Celui qui vous consume, celui qui vous donne le choix de devenir lâche ou la plus courageuse des femmes. Les héroïnes de Le Tellier doivent ainsi se résoudre à faire des choix, qu'elles seront capables ou non d'assumer mais qu'elles finiront par faire quoi qu'il advienne...

J'ai vraiment pris un plaisir fou à lire ce livre et me suis terriblement impliquée dans cette lecture tant elle dit toute la complexité du sentiment amoureux. Les protagonistes incarnent tour à tour la douleur déchirante de sentir l'autre s'échapper et l'euphorie des amours naissantes. Elle met en avant la jalousie des hommes trompés et ce désespoir qui les pousse à aller à la rencontre de "l'Autre". Elle dit aussi l'amour fou de l'époux malheureux, enlisé dans le quotidien, lui qui paraît pourtant si indifférent à l'éloignement de sa femme... Et il y a ce personnage d'Anna, que j'ai trouvé détestable tout au long du roman et à qui Le Tellier offre une dimension incroyable dans les derniers mots du livre.  Un roman qui dit toute la beauté des sentiments, sans négliger la douleur de celui qui part ou les regrets de celui qui reste. Un livre qui pousse aussi à prendre la plume. A lire, de toute évidence.

Les passages à retenir :

La prestation magistrale de Louise "Pourquoi la concierge est-elle dans l'escalier ?"

La "double lecture" : Yves/Stan.

En partance pour l'enterrement : Louise et Thomas.

L'heure des bilans: la fin du livre.

 


" Mais je sais surtout, que si chaque souvenir est là, figé dans ces mots,

c'est pour accomplir l'impossible: ne plus te perdre jamais."

 

Parce que j'ai bien l'intention de terminer le challenge amoureux de l'Irrégulière...

Catégorie : titre contenant le mot "amour".

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 07:00

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"Une lecture estivale sympathique, que j'oublierai sûrement assez vite mais qui reste agréable dans l'ensemble." Voilà les derniers mots que j'avais écrits au sujet du premier Nicolas Rey (Un léger passage à vide) que j'avais lu il y a quelque temps. J'avais de cet auteur, l'image d'un Beigbeder un peu fade et sans le même sens de l'humour et de la formule pour parler d'amouuuuuur... Toutefois, je n'étais pas totalement réticente à l'idée de découvrir son dernier titre et je n'ai pas hésité à répondre un grand "OUI" lorsque Pierre Krause m'a proposé d'écrire une chronique pour ce titre de la rentrée littéraire. (Ce sera peut-être le seul, bien que de nombreux titres me fassent envie sur les étagères de ma librairie adorée.) 

Nicolas commence donc son roman (autobiographique rappelons-le) par une conversation avec son éditrice autour d'un projet de roman. Il peine à remplir ses feuilles blanches et doit se mettre activement au travail. Comble de malchance, il ne peut même pas se permettre un rail de coke, car monsieur a digéré sa rupture avec Marion, la mère de son fils, et va mieux, étant passé par la case désintox. 

Et tout à coup, voilà que Maud débarque dans sa vie. En un rapide coup d'oeil, un geste et quelques mots, il sait que c'est Elle. Pas d'élans lyriques, de romantisme exacerbé. Non, Maud n'est pas de ces filles-là. Elle jure, boit puis vomit, n'hésite pas à clamer haut et fort que tout Paris lui est passé dessus -même les moches- et ce juste quand elle s'envoie en l'air pour la première fois avec Nicolas. Voilà Maud, dans ses grandes lignes. (ndlr : dans la vraie vie, Maud, c'est Emma, la fille du génialissime Fabrice L.)

Si Nicolas a rapidement la sensation qu'il passera le reste de sa vie à ses côtés, Maud, elle, est très claire : pas d'engagement, de relation "durable". Sexe, alcool, fêtes et amusement sont les mots qui rythment son mode de vie. Sauf que la relation s'installe, la complicité naît et l'engagement s'impose plus ou moins de lui-même au fil des jours. Cela peut-il réellement durer ?

J'ai achevé ce livre cette semaine après deux grosses semaines de boulot sans la moindre occasion d'ouvrir un livre. Je ne pensais pas l'apprécier autant. Hier, en regardant La Grande Librairie (merci le replay), François Busnel, dont Monsieur Rey était l'invité, a dit que ce titre était probablement le meilleur livre qu'il ait écrit. Je n'ai pas assez de recul sur son oeuvre, mais j'ai aimé cet homme qui se prend au jeu des sentiments, se veut fidèle, qui aime et le dit avec beaucoup d'humour et de sincérité teintée de cynisme et de tendre naïveté.

De plus, derrière le fil rouge de l'histoire d'amour s'immisce le discours du père qui s'adresse à son fils et anticipe les grands moments de sa vie, notamment de sa vie amoureuse. De jolis passages à l'image du roman, un clin d'oeil à Gide et des mots qu'on se plaît à relire une fois le livre fermé. Rey voulait faire un livre optimiste, le pari est réussi, et il parvient même à gommer (mais pas encore totalement) le fantôme beigbedien qui planait au-dessus de son dernier livre...

J'en profite pour enrichir mon "Challenge amoureux",

que vous retrouvez chez L'Irrégulière avec un titre qui contient le mot amour.


Merci à Pierre Krause et aux Editions du Diable Vauvert pour cette lecture.

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 07:00

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"Mon drame, c'est que tout m'est arrivé par hasard."

Petite pause dans mon carnet de voyage pour un billet lecture. Cela ne sera pas sans lien avec la Sardaigne puisqu'il s'agit d'un texte de Milena Agus. Nombre d'entre vous m'avaient conseillé cet auteur pour ses origines sardes et mon choix s'était donc porté sur son dernier titre, sachant que l'action se déroulait à Cagliari même.

Milena Agus nous dresse un portrait peu flatteur d'une famille sarde occupant le quartier du Castello. Les appartements sont occupés par différents membres de cette curieuse famille qui voit son patrimoine se déliter à petit feu. Tous les personnages sont décrits de façon très caricaturale et ne sont absolument pas ménagés par l'auteur. Voyez plutôt : la Comtesse de Ricotta porte ce sobriquet pour son extrême mollesse et maladresse. Quoi qu'elle fasse, elle est souvent la cible de railleries gratuites et cruelles malgré sa grande bonté. (Et que dire de son fils Carlino...) Noémie quant à elle est une vieille fille nostalgique du passé prestigieux de sa famille, relayant à sa manière la pensée de ceux qui estiment que "c'était mieux avant". Enfin, le couple fou de sexe Maddalena-Salvatore qui n'existe que par le langage du corps et baise à tout va dans l'espoir d'avoir enfin un enfant. Bref, chacun cherche ou attend quelque chose, quelqu'un qui tarde à arriver. Enfin, d'autres personnages secondaires viennent s'immiscer dans leur quotidien et interviennent dans la vie de ces pantins tristes et pathétiques. (Le voisin, Elias...)

Ce roman est présenté comme un texte "où se côtoient désenchantement et magie lumineuse". Mouais. J'avoue être aussi particulièrement désenchantée par ce texte dont la quatrième de couverture était pourtant pleine de promesses. Quel ennui ! J'ai rapidement déchanté à la lecture de ce texte d'une froideur incroyable. Une écriture sèche et sans relief, qui ne prend que très rarement de la hauteur avec quelques pointes ironiques (souvent cruelles.) J'ai parfois entrevu quelques instants d'émotion, quelques mots touchants mais rien de plus. Le quotidien de ce petit cercle sarde malmené par la vie prend une dimension absurde mais hélas sans avoir la grandeur et la puissance comique des maîtres du genre. Quelle décéption pour cette première rencontre avec Milena Agus qui me laisse de glace.


Quelques petits mots tout de même piochés ici et là...


" Elle se sent coupable de ce qu'elle a cru, ou peut-être espéré, mais on ne peut pas condamner quelqu'un pour ce qu'il croit ou espère."

 

"Je ne suis pas faite pour l'amour. Je ne tiens pas le choc. Moi l'amour, je le hais. Je le hais."

 

" Personne n'aime pour de vrai. Et quand on aime, ce n'est pas avec passion, c'est toujours pour une raison. Salvatore, pareil, il l'a aimée pour ses seins et son cul, et parce qu'elle est toujours gaie. Maintenant qu'elle est triste et fanée et qu'elle n'a plus envie de faire l'amour, il cessera de l'aimer. Si elle avait eu des enfants, alors oui. Et encore. Il l'aurait aimée par devoir, en tant que mère de ses enfants, et il aurait désiré les autres."

 

"Elle se souvient maintenant, comment c'est la jalousie, quand le coeur bat la chamade et que les jambes tremblent et qu'on voudrait que tout s'arrête pour cesser de souffrir."

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 07:00

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ll m'aura fallu peu de temps avant de me procurer et de lire La Septième Vague, second opus de Glattauer. La suite tant attendue de Quand souffle le vent du nord est effectivement arrivée très vite dans ma bibliothèque.  

Qu'allait-il advenir de Léo Leike et Emma Rothner après la fin du premier livre ? C'est la question qui m'a poussée à rapidement lire cette suite. Une nouvelle fois, ce bouquin n'a été ouvert que deux fois. Dix pages lues avant de m'endormir et tout le reste achevé le lendemain matin.

Comme pour Quand souffle... l'échange des mails entraîne le lecteur au coeur des méandres des sentiments amoureux. Entre aveux, nouveaux départs, retournements de situations, hésitations et questionnements intérieurs, nos héros se malmènent autant qu'ils s'estiment et ne peuvent se passer l'un de l'autre. Certaines phrases ont pu laisser un sourire sur mon visage, d'autres m'ont plutôt agacée par leur platitude... J'ai, je l'avoue, été un poil moins enthousiaste pour ce tome, bien que certains échanges demeurent malgré tout savoureux. Le personnage d'Emmi me paraît également plus vite et facilement insupportable. Enfin, l'attente concernant l'issue de cette liaison dangereuse perd un peu de sa grandeur ici, ce qui est légèrement regrettable. Il n'en demeurait pas moins intéressant d'achever ce cycle et de libérer nos personnages de cette histoire virtuelle.

Enfin, la fin pêche un peu pour son côté prévisible mais on pardonnera cela à Gattauer tant il parvient à nous faire lire une fois de plus son livre d'une seule traite.

 

Tiens, je ne l'avais pas mentionné mais ces deux billets viendront s'ajouter au challenge amoureux de L'Irrégulière dans la catégorie "light".

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 07:00

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Certaines en lisant cet article diront : Il était temps ! D'autres ne comprendront pas pourquoi j'ai attendu si longtemps avant de me plonger dans ce livre passé par toutes les bibliothèques des princesses et de quelques autres. A vrai dire, j'étais particulièrement réticente à l'idée de découvrir ce titre, malgré l'enthousiasme d'Elise, Marion et Poule qui l'ont réellement aimé. Il faut dire qu'il y a deux ans, mon capital intolérance "littéraire" avait fortement souffert de la lecture des 23 premières pages d'un roman épistolaire à vomir de K.Pancol. (J'en ai oublié le titre, c'est dire s'il m'a touchée). Pas envie de renouveler l'expérience et je craignais que ce livre m'engage sur un terrain littéraire marécageux. Et voilà qu'hier, je tombe sur le fameux bouquin et me dis que sa lecture marquera officiellement mes premiers pas vers ma PAL estivale...

C'est sur un malentendu que débute l'échange de mails entre Léo et Emma. Une histoire de résiliation d'abonnement à une revue les conduit à de premiers brefs échanges qui laissent déjà entrevoir la personnalité de nos deux héros. Emma est une jeune femme mordante, drôle et très à l'aise avec les mots. Léo semble plus discret et en retenue tout en possédant cet humour pince-sans-rire qui fait/fera tout son charme. Très vite et en toute simplicité, la complicité s'installe et nos deux personnages éprouvent ce besoin irrépressible de s'écrire malgré les multiples carcans de leurs vies respectives. Ils construisent autour d'eux un espace virtuel clos et intime où l'autre va prendre de plus en plus de place, où le simple échange va devenir une véritable ouverture à l'autre, ouverture addictive qui va les dépasser et dont ils ne maîtriseront pas toujours les conséquences.

Je pensais sincèrement détester ce livre. Il s'est avéré que je me suis prise au jeu de ces courriers et qu'une fois le livre ouvert, il m'a été difficile de le poser. Les échanges n'échappent pas à quelques lourdeurs et mièvres clichés mais les deux personnages ont un style bien à eux et sont assez convaincants. Voilà donc un livre rafraîchissant, léger, mais touchant que je vous invite à découvrir cet été pour celles qui sont en manque d'idées de lectures. Il existe un second volet (La Septième vague) que je compte bien découvrir, ne souhaitant pas en rester là où le premier volet s'achève.

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Un pas de plus dans

le Challenge amoureux

chez L'Irrégulière.

Catégorie "Light"

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 08:49

 

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Oui, le gâteau est réalisé par mes petites mains !

 

Un titre qui m'avait interpellée en lisant quelques blogs que je parcours régulièrement. Un titre plein de promesses et de poésie et une quatrième de couverture qui me parlait en bien des points.


"Le voyage géographique et intime d’un jeune homme qui devient père. Walther quitte la femme qu’il aime pour aller vagabonder du nord au sud, des Flandres laiteuses jusqu’à l’Espagne éclatante. Un voyage qui finira par le ramener, presque par hasard à l’essentiel, vers celle qui a su le laisser partir et attendre leur enfant. Composé d’instantanés d’une grande délicatesse, ce roman est conçu en deux parties : les jours d’errance puis la vie à demeure, les lointains dépaysants et l’art des petits riens."

 

Ce livre est avant tout l'histoire d'un départ. "L'idée de partir était comme un petit feu de bois placé au centre de son cerveau. Au bout de quelque temps, il comprit que les flammes ne s'éteindraient pas d'elles-mêmes." Un départ sans l'autre, puis d'un retour pour l'autre. La première partie nous entraîne aux quatre coins de l'Europe, sous l'égide des mots de Blaise Cendrars : " Quand on aime, il faut partir." C'est ainsi que nous suivons Walter, des rues rouges d'Amsterdam aux rues envoûtantes de la belle Prague, de Bruxelles à Ostende. Puis, le climat chaud et festif de Barcelone l'enrobe sur un chemin qui n'est autre qu'une profonde quête de soi. Mais... "Walter se dit qu'il est un peu trop seul pour cette joie-là". Les rencontres sont pourtant là, le partage d'une autre vie, d'instants qu'il vit comme tant de premières fois toutes aussi charmantes et exhaltantes.

"Il y a toutes ces choses qui nous remplissent.

Tous ces gens croisés, tous ces paysages.

Ils infusent tout doucement en nous comme

un sachet de thé dans un verre d'eau tiède.

Nous ne nous rendons compte de rien."

Du roman à la prose poétique, il n'y a qu'un pas. Thomas Vinau saisit avec beaucoup de talent et de finesse une tranche de vie décousue marquée par l'errance et le voyage. Le lecteur qui s'attend à trouver dans ces pages une linéarité narrative sera probablement déconcerté car il ne s'agit là que de bribes de vie, de mots impulsifs consignés par le narrateur-poète qui se nourrit de littérature (Camus, Kafka, Simenon l'accompagnent au fil de ses pérégrinations.)

C'est un autre homme qui prend le chemin du retour. Un peu perdu entre inquiétudes, doutes et certitudes. C'est un homme qui va devenir père que l'on suit à travers de très beaux mots.

" Les jours qui passent ont une couleur particulière. Les prémices sont pleines et silencieuses. Quelque chose se fomente. Je m'y précipite calmement. Avec la confiance farouche des bêtes qui se font trahir. Avec mon amour effrayé. Avec ma méfiance du ciel gris qui sait qu'on finit par nous reprendre tout ce que l'on nous a offert. Je la prends au défi, cette vicieuse. Donne-moi les aurores et les nuits, donne-moi les courses sauvages, les tartes aux prunes, les histoires qui s'inventent. Donne-moi l'eau et  les cris sous les orages. Donne-moi la musique de ce qui nous revient. Je n'ai pas peur d'ouvrir les bras."

 

De la figure du grand voyageur au grand moment du retour, ce livre réunit deux regards sur un même homme. Thomas Vinau frappe fort et juste avec ce premier roman qui nous berce de poésie et d'évasion. Un joli moment de lecture qui peut, je pense séduire autant qu'il peut dérouter. Sans nul doute, je fais partie de celles qui sont tombées sous le charme et la beauté de ses mots.

 

1% rentrée littéraire-pola

Challenge 1% de la rentrée littéraire.

Chez Hérisson

6/7


Auteur : Thomas Vinau
Editeur : Alma
Date de parution : 18/08/2011
 12 € 80
111 pages

 

D'autres charmées : Leil', Antigone , Asphodèle...

 

Pour vos oreilles, Elliott Smith Miss Miserly

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 12:10

" Ma vie avec elle, en sa présence fut ma jeunesse,

puis ma vie d'homme, jusqu'à maintenant.

Elle m'a grandi. Aujourd'hui, le ciel est vide.

J'aurais aimé raconter une autre histoire,

mais c'est tout ce qu'il m'en reste et je n'en reviens pas."

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Un petit livre lu avant mon départ en vacances. Des journées trop occupées pour mes notes de lectures ont reporté la publication de ce billet.

Le narrateur tombe fou amoureux de la jolie Ava sur les bancs de la somptueuse Sorbonne. Très vite, son coeur s'emballe pour cette brune qui marquera éternellement sa vie. Une  histoire d'autant plus touchante qu'on apprend rapidement que les deux amants ne vieilliront pas ensemble.

"Après Ava, j'ai mal placé mon amour. Je n'ai plus aimé. Le vide laissé par son départ est aux dimensions du temps que nous avons passé ensemble. Je la pleure parce que je l'aimais, mais aussi parce qu'elle m'aimait. Ce que je sais d'elle aujourd'hui ne me sert plus à rien et ce qu'elle savait de moi va me manquer. Par son départ, la possibililté de mieux me connaître m'est enlevée. Ce que je sais désormais, c'est qu'Ava était la femme de ma vie. Le constat est effroyable, mais son évidence m'arrache au moins le sourire de la vérité."

Ce livre est l'histoire d'une passion (oui, encore), d'un bel amour qui sera intense, grisant, et ce sans jamais subir les affres du temps. Le narrateur couche sous sa plume des mots d'amour tout en retenue, des souvenirs émouvants ou de petits instants simples partagés avec l'autre. L'écriture vient lutter contre le ravageur oubli qu'il redoute tant, le tout ponctué par une immersion dans le Paris du quartier Saint-Michel et des vers de Baudelaire.

"Souvent, quand on aime, on a beau étreindre l'autre, lui parler toujours, il vous manque encore. Donner sa peau ou ses mots ne change rien. En général, il n'y a pas d'amour heureux. L'amour est inquiet, mendiant, il devient vite un droit à tyranniser l'autre. Nous, nous étions riches de nous voir, dans un bonheur limpide et confiant. [...] Nous nous foutions la paix avec l'amour. Je me demande même si l'on savait qu'on s'aimait."

J'ai beaucoup aimé toute l'aura dégagée par Ava que cet homme retranscrit à merveille. Le narrateur dresse en effet dans ce petit livre un magnifique portrait de femme désirée et aimée, éprise de poésie, très libre et indépendante, fascinante et envoûtante. Une femme fatale, brillante et sans égale. " Une image venait m'entailler: le rire ou la voix d'Ava, sa façon de planter sa cigarette à la commissure des lèvres, le pan de son manteau qui volait, une fossette qui plissait. Son esprit, sa drôlerie, son honnêteté me manquaient terriblement."

Un texte que j'ai profondément aimé, qui m'a touchée et émue. Des mots qu'on voudrait voir un jour écrits pour soi, un petit livre écrin, que je vous invite à ouvrir et lire en espérant qu'il vous interpelle autant que moi...

 

Bon, vous remarquerez que ce billet regorge de citations.

Imaginez le nombre de traits de crayon dans mon livre...

J'en profite pour ajouter ce titre au challenge amoureux de L'Irrégulière

qui a d'ailleurs beaucoup aimé ce livre... Son billet ici.

Catégorie libre

http://img.over-blog.com/291x300/3/11/56/56/logoamoureux_saison2.jpg 

Pour vos oreilles : A sense of grey by Moddi.

 

"Brouilles, distance, silence n'étant que les gages d'un jeu éternel.

De s'être quittés, puis retrouvés, il me semblait qu'on ne se quitterait jamais."

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 07:00

Romans-0054.JPGDe passage chez ma petite soeur, j'ai subtilisé ce petit livre sur ses étagères... Une histoire de couple, encore. Mais sans tumulte cette fois. Juste l'histoire de deux personnes qui ont eu suffisamment d'amour l'une pour l'autre pour avoir l'envie/ le courage/ la patience (rayer les mentions inutiles) de rester auprès de l'autre jusqu'à ce que la mort les sépare. Et voilà qu'un matin, cette garce de faucheuse vient briser cette routine affectueuse que nos deux héros partageaient tendrement. Alors que madame se prélasse au réveil enroulée dans sa couette, monsieur comme chaque matin lui prépare le premier café de la journée. Madame se lève, le rejoint sur le canapé où il semble serein, observant les quelques flocons qui commencent à tomber. Sauf que ce matin là, c'est à un homme mort qu'elle destine ses premiers mots matinaux. Tout bascule. Ce jour tant redouté de l'éternelle séparation la gifle avec une violence sans nom. En quelques secondes, la voilà devenue veuve.

Affolement ? Panique ? Premiers coups de téléphone ? Effusion de larmes ? Détresse ? Non.

Elle l'observe là, paisible. Elle sait que le moindre coup de téléphone lancera une machine administrative qu'elle n'est pas prête à affronter. Alors, comme on apprivoise le silence, elle se prépare à son absence, elle laisse la chaleur s'enfuir du corps du défunt et la rigidité prendre une place toute particulière. Commence  alors la longue et curieuse journée auprès de son monsieur Jules.

Cette parenthèse qu'elle s'offre auprès de son mari mort la conduit à faire le point sur la vie qu'ils ont menée tous les deux, elle revient sur leurs orages (au doux prénom d'Olga) et sourit tristement de leur amour passé. Cet adieu prendra le temps nécessaire et verra même naître une tendre complicité avec le petit David, voisin du dessous.

Ce texte est très court mais de toute beauté. Prenant le contre-pied de toute réaction attendue dans une telle situation, l'auteur nous offre, pour reprendre le titre de Simone de Beauvoir, une très belle "cérémonie des adieux.". En toute simplicité, ce livre "triste" devient un émouvant portrait de couple avec ses failles et ses faiblesses. 

 

L'avis d'Aifelle...


Une journée avec Monsieur Jules de Diane Broeckhoven
Paru le : 6 octobre 2011
Editeur : Nil
ISBN : 978-2-84111-458-0
98 pages
Pour vos oreilles : Ma Veuve de Bensé.
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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 01:00

 

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Un livre acheté un peu par hasard, parce que les histoires de ruptures m'interpellent toujours. Une histoire vieille comme le monde : un homme et une femme, des années de vie commune, deux enfants : l'Aîné et le Cadet, une relation qui se délite, un sursaut de vie par le biais d'une rencontre, puis l'inéluctable: une séparation. Une séparation lente, comme une agonie pour le héros qui voit la femme qu'il aime par dessus tout prendre ses distances et retrouver le sourire grâce à l'Autre. Et pourtant, l'histoire qui s'offre à elle demeure longtemps platonique car cette femme, agaçante au départ est sincèrement tiraillée, contrainte et forcée de faire LE choix impossible face à ces deux hommes qu'elle dit aimer.

L'attente est longue, interminable et les mots posés sur les tourments du protagoniste laissent entrevoir et ressentir ce poids étouffant qui vient serrer sa poitrine comme une douleur bien trop intense pour être fidèlement traduite par les mots. Dan Franck décortique le mécanisme complexe de la séparation avec toutes les répercutions qu'elle entraîne sur les êtres. Le lecteur ne doit pas tomber dans le constat facile d'un duo composé d'une victime et d'un monstre. Certes, la jeune femme qui déclenche le terrible engrenage finit par être détestable dans ses froideurs et ses hésitations. La plaie béante de l'homme qui souffre aurait tendance à la rendre d'autant plus méprisable. Mais à mes yeux et incontestablement, l'un n'est pas plus coupable que l'autre et ces deux personnages sont beaux pour leurs excès, leurs nuances et les peines qui leur éclatent au visage. L'auteur dépeint au mieux cette rupture comme une vive douleur partagée qui semble être inévitable. Un texte de toute beauté, qui résonne encore en moi, qui dit ce qu'il est parfois difficile de formuler dans une telle situation. Un livre miroir qui frappe et pique pour sa justesse et son réalisme. Une lecture qui laisse évidemment des traces.

 

Pour vos oreilles : Mon Homme de Zaza Fournier.

La Séparation de Dan Franck

Prix Renaudot 1991

Editeur  : Seuil     Collection : Points Roman   
ISBN  : 2-02-033422-4   
192 pages  
Prix: 6 € 10
 
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Published by Moka - dans Romans
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