Au fil des pages, mon univers se construit. Des livres, quelques clichés, des envies d'ailleurs, des rendez-vous dans les salles obscures et des instants musicaux.Bienvenue au milieu des livres...
Une grande bouffée d'oxygène jeudi soir. Ma Blonde, Céline, la Dom, du rire aux éclats: exactement ce dont j'avais besoin . Me laisser emporter par la fabuleuse prestation de cette troupe qui a interprété magistralement La Cantatrice chauve de Ionesco sous la direction d'Anne Delattres. Comme je le disais hier, je ne prends pas de réel plaisir à lire ce théâtre. Souvent, il m'échappe, m'interpelle juste sans que je lui donne vraiment la chance de me convaincre. En revanche, c'est ma deuxième expérience scénique après avoir découvert Fin de partie de Beckett, et une fois de plus, je suis aussi conquise que surprise...
Six acteurs drôles à souhait portent cette "anti-pièce" avec un dynamisme incroyable. La communication tourne en rond dans ce décor naturel aux allures de gazon anglais, les mots se délitent, les corps se tordent et subissent ce feu qu'il faut impérativement éteindre. J'ai littéralement adoré les choix de mise en scène de Catherine Delattres et totalement adhéré à cette lecture pleine d'érotisme que contiennent tant bien que mal ces personnages vides et plein de retenue. Je pense aussi à la célèbre tirade du pompier qui force l'admiration. Quel bonheur à regarder. Et que dire de la scène finale où l'absurde atteint son paroxysme ! Du coup, j'ai sorti le livre de ma bibliothèque pour retrouver avec plaisir les mots de Ionesco qui m'ont tant plu hier...
Oh, et au milieu de toute cette absurdité,
un soupçon de lucidité dans la bouche de M.Martin :
" Oublions, Darling, tout ce qui ne s'est pas passé entre nous et , maintenant que nous nous sommes retrouvés, tâchons de ne plus nous perdre."