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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 08:48

http://www.loiseleur.com/patrick/blog/images/apollinaire.jpg

Un dimanche à passer en compagnie de Monsieur Apollinaire et d'un poème issu du cycle rhénan

 

Nuit rhénane.

 

Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d'un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été

Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire


Alcools Guillaume Apollinaire 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 07:38

Rendez-vous hebdomadaire sur les blogs littéraires, je mets aujourd'hui Flaubert à l'honneur et un extrait de son excellent Dictionnaire des idées reçues pour la citation du jeudi. 

 

http://img.over-blog.com/240x180/2/72/86/97/Divers/CHALLENGES/LOGO-Les-citations-du-jeudi.jpg

 

" Baiser : Dire embrasser, plus décent. Doux larcin. Le baiser se dépose sur le front d'une jeune fille, la joue d'une maman, la main d'une jolie femme, le cou d'un enfant, les lèvres d'une maîtresse. "

Gustave Flaubert. Le dictionnaire des idées reçues.

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 07:20

http://www.resumedelivre.net/wp-content/uploads/couvertures/2010-08/1600_g.jpgJe ne suis pas une grande lectrice des prix littéraires et n'attend plus vraiment avec une impatience non dissimulée la sortie de tel ou tel titre... C'est en laissant traîner une oreille que j'ai toutefois pu entendre une interview de M.Lapeyre qui parlait de son livre et en lisait quelques extraits. (En dehors du fait que son titre est une véritable incitation à la lecture) Et comme je ne suis pas la seule à laisser traîner mes oreilles attentives,  j'ai eu le plaisir de me voir offrir ce livre par ma mère lors d'une petite visite dans ma libraire de prédilection...

 

Nora. Quatre lettres qui n'en finissent pas de résonner dans l'esprit de Louis. Voilà deux ans qu'elle est partie sans laisser d'adresse ni donner de nouvelles. Deux ans que Louis a repris le cours de sa vie, vie triste et sans saveur sans elle.

Nora. Quatre lettres qui n'en finissent pas de charmer Murphy qui partage le quotidien de Nora depuis son arrivée à Londres il y a deux ans. Et en un coup de fil, tout bascule.

Louis peine à y croire mais c'est bien elle qu'il a au bout du fil. C'est bien elle qui est de retour à Paris et qui lui donne rendez-vous.C'est bien elle qu'il rejoindra sans penser une seule seconde à sa femme, puisque quelle que soit la période de sa vie où Nora resurgira, l'effet sera le même. Il répondra présent.

" Il se sent tout à coup rajeuni. Pendant deux ans, enfermé dans le cercle de son chagrin, il s'est méthodiquement appliqué à vieillir. Il a vécu, suspendu à un fil invisible, sans relever la tête, sans se soucier de personne, occupé à ses petites affaires et à ses tracas, en renonçant à tout le reste comme s'il cherchait à s'éteindre. Il était déjà presque éteint quand elle l'a appelé..."

Et voilà que l'engrenage est lancé. Nous suivons tour à tour la souffrance des deux hommes complètement fascinés par cette jeune femme qui hésite, reviens vers l'un  pour mieux repartir vers l'autre en dévastant leur vie. De Louis à Murphy, la souffrance "masculine" ( si tant est que la souffrance ait un sexe) est décrite dans ses moindres détails et le lecteur saura -ou pas - éprouver de la compassion pour ces hommes.

Sauf que j'ai fini par me lasser.

Des départs et des retours incessants de Nora.

De leurs attentes vaines.

De l'incapacité de Louis à quitter Sabine sa femme.

De ce trio amoureux qui se révèle finalement bien classique et sans suprise.

L'intrigue traîne et perd de son intérêt au fil des pages, alors que le livre de Patrick Lapeyre avait pourtant bien commencé. Je reste également perplexe quant aux choix de l'auteur sur la manière d'achever son roman. Quel dommage, ce titre était tellement prometteur... Bref ; quitte à pleurer sur des amours tragiques, je m'en remets à Racine et Andromaque.

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 07:39

http://4.bp.blogspot.com/_Z451hFDScWs/TMWUPQVzujI/AAAAAAAAF8I/wfdqfVob7bQ/s1600/Le%2Brempla%C3%A7ant.jpgIl est de ces livres dont vous entendez parler à la radio avant de les retrouver dans les rayons de votre librairie. Ce fut le cas du Remplaçant, encensé par France Inter lors de sa sortie. J'avais à l'époque hésité à me le procurer, l'avais pris puis reposé en me disant "une prochaine fois". Et puis l'on en vient à oublier cette prochaine fois.Et un jour, par le plus grand des hasards, on tombe nez-à-nez avec la version poche, nous rappelant notre malencontreuse amnésie... Et me voilà donc, malgré ma gigantesque PAL, à réparer l'oubli.

Triple B, (Bouz, Boris, Baruch) a pris la place du grand père de la narratrice dont le grand-père de "sang" est mort à Auschwitz.

Triple B est également juif, mais a échappé à l'enfer des camps.

Triple B se fait vieux, perd la mémoire et se laisse gagner par le temps.

Alors la narratrice, en hommage à cet homme à la fois curieux, étrange et fascinant, fait le choix de raconter son histoire, dressant un portrait particulièrement touchant de ce grand-père de substitution. Ne cachant pas ses failles mais n'oubliant pas ce qu'il y a de bouleversant chez lui, elle revient alors sur sa propre enfance et sur ses liens avec cet homme qu'elle aime tant.

La critique semble unanime, parlant même de "Bijou d'intelligence" (L'Express). Si le livre a su me plaire et me toucher, je pense toutefois ne pas en garder un souvenir impérissable. Il se lit particulièrement vite et vous délivre quelques perles exquises et passages savoureux, mais ne m'amène pas malgré tout à crier au chef d'oeuvre... En revanche s'il a une qualité indéniable, c'est sa capacité à faire renaître le souvenir. Celui de nos grands-pères auxquels on ne peut s'empêcher de songer en lisant les dernières lignes et en fermant le livre, nous invitant ainsi à faire revivre ces hommes à juste titre irremplaçables.

 

Un petit avant-goût...


" J'entrais en sixième et je déclaraiS, très fière, à qui voulait l'entendre, que ma famille était géniale parce que nous étions tous réactionnaires. Réactionnaire, selon moi, ça voulait dire "qui réagit, qui ne se laisse pas faire", en d'autres termes, révolutionnaires. Je sentais l'incompréhension autour de moi et j'ignorais pourquoi Nathalie S. qui n'arrêtait pas de se vanter d'avoir des parents de gauche me méprisait."

 

"Triple B vit encore, il vit toujours, à environ quatre kilomètres de chez moi, à Paris, dans sa tour, dans son lit. Il a survécu à la guerre, aux camps de prisonniers, à la dépression, à la maladie, à ses deux femmes, à ses amis. Son talent, c'est ça, survivre, aimer ça, oser aimer vivre."

 

" Certains objets sont voués à nous échapper, à nous manquer, d'autres les remplacent. On veut écrire un livre et c'est un autre qui vient. On croit inventer un héros et il a la tête de notre voisin de palier. J'écris toujours l'histoire d'à côté, jamais celle que j'avais prévue. Mon arme au canon recourbé atteint rarement sa cible et tire admirablement dans les coins. Dans quel but ? Je l'ignore. Il semble que tout doive se faire à mon insu, comme pour préserver mon innocence, comme si je me méfiais de moi-même. "

 

L'avis du blog Les livres de Malice, celui de Chez Clarabel.

 

Bonne lecture ...

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 08:56

http://pascal.oudot1.free.fr/poesie/rene_char.jpg

 

 

Allégeance

Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima.


Il cherche son pareil dans le voeu des regards.
L'espace qu'il parcourt est ma fidélité.
Il dessine l'espoir, puis, léger, l'éconduit.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
A son insu, ma liberté est son trésor !
Dans le grand méridien où s'inscrit son essor,
Ma solitude se creuse.


Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima
Et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas !


René Char 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 08:30

http://img.over-blog.com/240x180/2/72/86/97/Divers/CHALLENGES/LOGO-Les-citations-du-jeudi.jpg

 

Ce jeudi sera l'occasion de mettre à l'honneur une femme dont j'ai tardivement découvert les écrits et dont j'admire les textes et le parcours... Il s'agit de Simone de Beauvoir que j'ai commencée à lire grâce à mon amie Camille qui avait lu et aimé Les Mémoires d'une jeune fille rangée lorsqu'elle était en seconde.  Je vous propose une citation extraite de sa correspondance avec Nelson Algren.

 

"Elle n’est autre que mon amour pour vous. J’ai toujours eu mes yeux, mais je n’ai aimé personne de cette manière, sachez-le, avec tant de plaisir dans l’amour et d’amour dans le plaisir, tant de fièvre et tant de paix, de cette manière, précisément, que vous aimez. Je me sens une femme dans les bras d’un homme, réellement et totalement, et ça veut dire beaucoup, beaucoup pour moi. Rien de meilleur n’aurait pu m’arriver. »


Simone de Beauvoir Lettres à Nelson Algren

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 07:00

http://multimedia.fnac.com/multimedia//images_produits/ZoomPE/9/4/8/9782266164849.jpgEncore un livre à la thématique musicale... 

Fanny est sage-femme et va rencontrer Aurélie et Louis lors d'un accouchement singulier... Touchée par leur histoire, elle restera en contact avec eux et sera amenée à les revoir.

Louis, en dehors du fait qu'il soit un économiste très investi dans son travail, est également professeur de piano. Il donne même des cours et c'est ce qui le conduira à se rapprocher de Fanny, qui souhaite pour une raison bien particulière, renouer avec l'univers musical : une maladie la condamne  en effet à devenir sourde.

Les rendez-vous musicaux se suivent et chaque jeudi Fanny apprivoise les touches du piano droit... Jusqu'au jour ou certaines notes ne seront plus audibles par la jeune femme. Bouleversé par cette élève singulière, Louis va s'investir du mieux qu'il peut pour donner tout son sens à la musique, sans pour autant la réduire à un son...La complicité s'installe, mais pour combien de temps ?

 

Pour un premier roman, inutile de dire qu'il s'agit là d'une belle entrée en matière. Hugo Boris touche à des thèmes universels (maladie, amour, mort) et ne tombe pas dans le piège des clichés. Il crée des personnages plein de blessures qui veulent guérir au contact de l'autre. L'évolution de leur relation est surprenante et il nous tarde de savoir ce qu'il adviendra de nos deux personnages tant Boris parvient à les rendre particulièrement attachants.  En ce qui me concerne, j'ai peut-être été plus sensible à l'univers de Louis que celui de Fanny, qui apparaît souvent sur son lieu de travail au milieu des femmes qui accouchent.... Je pense d'ailleurs que je ne m'arrêterai pas à cet ouvrage et ne tarderai pas à poursuivre la lecture d'autres textes, histoire de confirmer ou non ma première belle impression...

Je laisserai enfin, la conclusion de cette article à Arthur Rimblaud (oui, rien que ça) dont les vers ponctuent le livre, et ce pour mon plus grand plaisir...


"L'étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,
L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain."

 

  En quelques mots...

 

« Elle n’est pas sourde, elle le devient. Rester assise dans une baignoire dont l’eau lentement se retire, s’étrangle avec le vertige d’une toupie. L’œil du cyclone qui la regarde, sa peau qui doucement se granule. Une souffrance à huis clos, un silence à crier où l’on entre malgré soi, comme dans la lumière un insecte affolé. Et voila qu’on se promène du lundi au samedi avec les oreilles endimanchées. Deux tympans habillés pour l’enterrement. »

 

« Les deux contours glissent dans sa main, qu'elle vide sur le sommet du piano. Elle pose ses doigts à plat sur le bois : il est tiède.Louis, d'un geste sûr, fait résonner l'instrument. Elle se sent d'abord aussi indiscrète que derrière une porte, à écouter une conversation personnelle. Elle écoute avec ses mains, mais l'indiscrétion n'est pas moindre. Les vibrations irradient ses doigts, franchissent le poignet, remontent doucement jusqu'au coude, passent, affaiblies, dans l'épaule, viennent mourir dans sa poitrine. Elle sent parfaitement dans ses mains quand le piano s'exclame, ralentit, s'adoucit, ou, au contraire, prend une voix sentencieuse. Elle fait glisser ses paumes sur la planche, dans l'intervalle oblique des barres de table. »

 

Bonne lecture

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 07:15

http://lewebpedagogique.com/riflet/files/2010/02/desnos1.jpg

Un dimanche partagé avec Robert Desnos grâce à un magnifique poème extrait de son recueil Corps et biens. Bonne lecture.

 

J'ai tant rêvé de toi...


J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.

Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère?

J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.

J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l'amour et toi, la seule
qui compte aujourd'hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.

J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.


Robert Desnos, "Corps et biens".

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 21:31

http://img.over-blog.com/240x180/2/72/86/97/Divers/CHALLENGES/LOGO-Les-citations-du-jeudi.jpg

Une citation du jeudi qui arrive un peu tardivement... Je cède la parole à Madame de Lafayette et rassure ainsi ma Valou qui s'impatientait de ne pas voir le petit logo jaune arriver...

 

http://www.devoir-de-philosophie.com/images_dissertations/115819.jpg

 

 

"Il n'y a de passions que celles qui nous frappent d'abord et nous surprennent ; les autres ne sont que des liaisons où nous portons volontairement notre coeur. Les véritables inclinaisons nous l'arrachent malgré nous. "

 

Madame de Lafayette, Zaïde.

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 08:00

http://www.lepreverre.com/fr/uploads/images/accueil/jacques-prevert.jpg

 

C'est auprès du grand Monsieur Prévert que nous passerons ce Dimanche... Paris at Night est un texte très bref mais de toute beauté. Ce poème n'est d'ailleurs pas sans évoquer pour moi la magnifique scène d' Un long dimanche de fiançailles lorsque Mathilde et Manech se dévêtent et se découvrent tour à tour au rythme des allumettes qui se consument...

 

 

Trois allumettes, une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
et l'obscurité toute entière pour me rappeler tout cela
en te serrant dans mes bras.

 

Jacques Prévert

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